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Plato

Socrates in Plato’s Phaedrus Passage 273

Passage 47 of 53

Canonical reference 273

Ancient Greek

perseus-plato-phaedrus-grc

ΦΑΙ. αὐτά γε, ὦ Σώκρατες, διελήλυθας ἃ λέγουσιν οἱ περὶ τοὺς λόγους τεχνικοὶ προσποιούμενοι εἶναι· ἀνεμνήσθην γὰρ ὅτι ἐν τῷ πρόσθεν βραχέως τοῦ τοιούτου ἐφηψάμεθα, δοκεῖ δὲ τοῦτο πάμμεγα εἶναι τοῖς περὶ ταῦτα. ΣΩ. ἀλλὰ μὴν τόν γε Τεισίαν αὐτὸν πεπάτηκας ἀκριβῶς· εἰπέτω τοίνυν καὶ τόδε ἡμῖν ὁ Τεισίας, μή τι ἄλλο λέγει τὸ εἰκὸς ἢ τὸ τῷ πλήθει δοκοῦν. ΦΑΙ. τί γὰρ ἄλλο; ΣΩ. τοῦτο δή, ὡς ἔοικε, σοφὸν εὑρὼν ἅμα καὶ τεχνικὸν ἔγραψεν ὡς ἐάν τις ἀσθενὴς καὶ ἀνδρικὸς ἰσχυρὸν καὶ δειλὸν συγκόψας, ἱμάτιον ἤ τι ἄλλο ἀφελόμενος, εἰς δικαστήριον ἄγηται, δεῖ δὴ τἀληθὲς μηδέτερον λέγειν, ἀλλὰ τὸν μὲν δειλὸν μὴ ὑπὸ μόνου φάναι τοῦ ἀνδρικοῦ συγκεκόφθαι, τὸν δὲ τοῦτο μὲν ἐλέγχειν ὡς μόνω ἤστην, ἐκείνῳ δὲ καταχρήσασθαι τῷ πῶς δʼ ἂν ἐγὼ τοιόσδε τοιῷδε ἐπεχείρησα; ὁ δʼ οὐκ ἐρεῖ δὴ τὴν ἑαυτοῦ κάκην, ἀλλά τι ἄλλο ψεύδεσθαι ἐπιχειρῶν τάχʼ ἂν ἔλεγχόν πῃ παραδοίη τῷ ἀντιδίκῳ. καὶ περὶ τἆλλα δὴ τοιαῦτʼ ἄττα ἐστὶ τὰ τέχνῃ λεγόμενα. οὐ γάρ, ὦ Φαῖδρε; ΦΑΙ. τί μήν; ΣΩ. φεῦ, δεινῶς γʼ ἔοικεν ἀποκεκρυμμένην τέχνην ἀνευρεῖν ὁ Τεισίας ἢ ἄλλος ὅστις δή ποτʼ ὢν τυγχάνει καὶ ὁπόθεν χαίρει ὀνομαζόμενος. ἀτάρ, ὦ ἑταῖρε, τούτῳ ἡμεῖς πότερον λέγωμεν ἢ μὴ - ΦΑΙ. τὸ ποῖον; ΣΩ. ὅτι, ὦ Τεισία, πάλαι ἡμεῖς, πρὶν καὶ σὲ παρελθεῖν, τυγχάνομεν λέγοντες ὡς ἄρα τοῦτο τὸ εἰκὸς τοῖς πολλοῖς διʼ ὁμοιότητα τοῦ ἀληθοῦς τυγχάνει ἐγγιγνόμενον· τὰς δὲ ὁμοιότητας ἄρτι διήλθομεν ὅτι πανταχοῦ ὁ τὴν ἀλήθειαν εἰδὼς κάλλιστα ἐπίσταται εὑρίσκειν. ὥστʼ εἰ μὲν ἄλλο τι περὶ τέχνης λόγων λέγεις, ἀκούοιμεν ἄν· εἰ δὲ μή, οἷς νυνδὴ διήλθομεν πεισόμεθα, ὡς ἐὰν μή τις τῶν τε ἀκουσομένων τὰς φύσεις διαριθμήσηται, καὶ κατʼ εἴδη τε διαιρεῖσθαι τὰ ὄντα καὶ μιᾷ ἰδέᾳ δυνατὸς ᾖ καθʼ ἓν ἕκαστον περιλαμβάνειν, οὔ ποτʼ ἔσται τεχνικὸς λόγων πέρι καθʼ ὅσον δυνατὸν ἀνθρώπῳ. ταῦτα δὲ οὐ μή ποτε κτήσηται ἄνευ πολλῆς πραγματείας· ἣν οὐχ ἕνεκα τοῦ λέγειν καὶ πράττειν πρὸς ἀνθρώπους δεῖ διαπονεῖσθαι τὸν σώφρονα, ἀλλὰ τοῦ θεοῖς κεχαρισμένα μὲν λέγειν δύνασθαι, κεχαρισμένως δὲ πράττειν τὸ πᾶν εἰς δύναμιν.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-phaedrus-en

Phaedrus. You have stated just what those say who pretend to possess the art of speech, Socrates. I remember that we touched upon this matter briefly before, but the professional rhetoricians think it is of great importance. Socrates. Well, there is Tisias whom you have studied carefully; now let Tisias himself tell us if he does not say that probability is that which most people think. Phaedrus. That is just what he says. Socrates. Apparently after he had invented this clever scientific definition, he wrote that if a feeble and brave man assaulted a strong coward, robbed him of his cloak or something, and was brought to trial for it, neither party ought to speak the truth; the coward should say that he had not been assaulted by the brave man alone, whereas the other should prove that only they two were present and should use the well-known argument, How could a little man like me assault such a man as he is? The coward will not acknowledge his cowardice, but will perhaps try to invent some other lie, and thus give his opponent a chance to confute him. And in other cases there are other similar rules of art. Is that not so, Phaedrus? Phaedrus. Certainly. Socrates. Oh, a wonderfully hidden art it seems to be which Tisias has brought to light, or some other, whoever he may be and whatever country he is proud to call his own! But, my friend, shall we say in reply to this, or shall we not - Phaedrus. What? Socrates. Tisias, some time ago, before you came along, we were saying that this probability of yours was accepted by the people because of its likeness to truth; and we just stated that he who knows the truth is always best able to discover likenesses. And so, if you have anything else to say about the art of speech, we will listen to you; but if not, we will put our trust in what we said just now, that unless a man take account of the characters of his hearers and is able to divide things by classes and to comprehend particulars under a general idea, he will never attain the highest human perfection in the art of speech. But this ability he will not gain without much diligent toil, which a wise man ought not to undergo for the sake of speaking and acting before men, but that he may be able to speak and to do everything, so far as possible, in a manner pleasing to the gods.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-phaedrus-fr-02

[273a] que ce soin, en s’étendant à tout le discours, constitue à lui seul l’art oratoire. PHÈDRE. Voilà bien, mon cher Socrate, les opinions de ceux qui prétendent connaître l’art oratoire. Je me souviens que précédemment nous en avions déjà dit quelques mots. Les habiles regardent ce système comme le comble de l’art. SOCRATE. Or ça, tu as lu avec le plus grand soin la rhétorique de Tisias : qu’il nous dise donc lui-même si par vraisemblable il entend autre chose [273b] que ce qui semble vrai à la multitude. PHÈDRE. Que serait-ce autre chose ? SOCRATE. Voilà sans doute pourquoi ayant trouvé cette sage et belle règle, il a écrit que si un homme faible et courageux est traduit en justice pour en avoir battu un autre fort et lâche, et lui avoir pris, je suppose, son vêtement, de part et d’autre il ne faudra pas dire un mot de la vérité ; l’homme lâche dira qu’il a été battu par plusieurs hommes et non par un seul plus courageux que lui ; et l’autre prouvera au contraire qu’ils étaient seuls, d’où il partira pour raisonner ainsi : [273c] Faible comme je suis, comment aurais-je pu m’en prendre à un homme si fort ? Celui-ci, en répliquant, aura bien soin de ne pas avouer sa lâcheté, mais il fera quelque autre mensonge qui peut-être fournira à son adversaire le moyen de le réfuter. Tout le reste est dans ce genre, et c’est là le fond de l’art ; n’est-ce pas, mon cher Phèdre ? PHÈDRE. Assurément. SOCRATE. Oh ! pour découvrir un art si mystérieux, qu’il a fallu d’habileté dans un Tisias ou dans l’inventeur de cet art, quels que soient son nom et sa patrie ! Mais, mon cher, ne pourrions-nous pas lui adresser ce langage ? [273d] PHÈDRE. Quel langage ? SOCRATE. Tisias, bien avant que tu eusses pris la parole, nous convenions déjà que la vraisemblance ne se fait sentir à la multitude que par sa ressemblance avec la vérité. Or, nous venons de prouver que nul ne sait mieux trouver ce qui ressemble à la vérité que celui qui connaît bien la vérité. Si donc tu as quelque autre chose à nous dire sur l’art oratoire, nous t’écouterons ; autrement, permets-nous de nous en tenir à ce que nous ayons dit, que si l’orateur n’a pas fait le compte des différentes natures de ses auditeurs, [273e] s’il n’est pas capable de diviser les choses en diverses espèces et de les réunir toutes, sous un seul point de vue, il ne connaîtra jamais l’art de la parole, au moins en tant que l’homme peut le connaître. Mais ce talent, il ne l’acquerra point sans un travail immense, que le sage ne doit pas entreprendre pour gouverner les affaires humaines et parler aux hommes, mais pour être en état de parler et surtout d’agir toujours, autant qu’il est au pouvoir de l’homme, de la manière la plus agréable aux dieux. Non, disent de plus sages que nous, non, Tisias, ce n’est pas à ses compagnons d’esclavage que l’homme raisonnable

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