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Plato

Theaetetus Passage 191

Passage 50 of 69

Canonical reference 191

Ancient Greek

perseus-plato-theaetetus-grc

ΣΩ. οὐκ ἐρῶ σοι πρὶν ἂν πανταχῇ πειραθῶ σκοπῶν. αἰσχυνοίμην γὰρ ἂν ὑπὲρ ἡμῶν, ἐν ᾧ ἀποροῦμεν, ἀναγκαζομένων ὁμολογεῖν οἷα λέγω. ἀλλʼ ἐὰν εὕρωμεν καὶ ἐλεύθεροι γενώμεθα, τότʼ ἤδη περὶ τῶν ἄλλων ἐροῦμεν ὡς πασχόντων αὐτὰ ἐκτὸς τοῦ γελοίου ἑστῶτες· ἐὰν δὲ πάντῃ ἀπορήσωμεν, ταπεινωθέντες οἶμαι τῷ λόγῳ παρέξομεν ὡς ναυτιῶντες πατεῖν τε καὶ χρῆσθαι ὅτι ἂν βούληται. ᾗ οὖν ἔτι πόρον τινὰ εὑρίσκω τοῦ ζητήματος ἡμῖν, ἄκουε. ΘΕΑΙ. λέγε μόνον. ΣΩ. οὐ φήσω ἡμᾶς ὀρθῶς ὁμολογῆσαι, ἡνίκα ὡμολογήσαμεν ἅ τις οἶδεν, ἀδύνατον δοξάσαι ἃ μὴ οἶδεν εἶναι αὐτὰ καὶ ψευσθῆναι· ἀλλά πῃ δυνατόν. ΘΕΑΙ. ἆρα λέγεις ὃ καὶ ἐγὼ τότε ὑπώπτευσα, ἡνίκʼ αὐτὸ ἔφαμεν τοιοῦτον εἶναι, ὅτι ἐνίοτʼ ἐγὼ γιγνώσκων Σωκράτη, πόρρωθεν δὲ ὁρῶν ἄλλον ὃν οὐ γιγνώσκω, ᾠήθην εἶναι Σωκράτη ὃν οἶδα; γίγνεται γὰρ δὴ ἐν τῷ τοιούτῳ οἷον λέγεις. ΣΩ. οὐκοῦν ἀπέστημεν αὐτοῦ, ὅτι ἃ ἴσμεν ἐποίει ἡμᾶς εἰδότας μὴ εἰδέναι; ΘΕΑΙ. πάνυ μὲν οὖν. ΣΩ. μὴ γὰρ οὕτω τιθῶμεν, ἀλλʼ ὧδε· ἴσως πῃ ἡμῖν συγχωρήσεται, ἴσως δὲ ἀντιτενεῖ. ἀλλὰ γὰρ ἐν τοιούτῳ ἐχόμεθα, ἐν ᾧ ἀνάγκη πάντα μεταστρέφοντα λόγον βασανίζειν. σκόπει οὖν εἰ τὶ λέγω. ἆρα ἔστιν μὴ εἰδότα τι πρότερον ὕστερον μαθεῖν; ΘΕΑΙ. ἔστι μέντοι. ΣΩ. οὐκοῦν καὶ αὖθις ἕτερον καὶ ἕτερον; ΘΕΑΙ. τί δʼ οὔ; ΣΩ. θὲς δή μοι λόγου ἕνεκα ἐν ταῖς ψυχαῖς ἡμῶν ἐνὸν κήρινον ἐκμαγεῖον, τῷ μὲν μεῖζον, τῷ δʼ ἔλαττον, καὶ τῷ μὲν καθαρωτέρου κηροῦ, τῷ δὲ κοπρωδεστέρου, καὶ σκληροτέρου, ἐνίοις δὲ ὑγροτέρου, ἔστι δʼ οἷς μετρίως ἔχοντος. ΘΕΑΙ. τίθημι. ΣΩ. δῶρον τοίνυν αὐτὸ φῶμεν εἶναι τῆς τῶν Μουσῶν μητρὸς Μνημοσύνης, καὶ εἰς τοῦτο ὅτι ἂν βουληθῶμεν μνημονεῦσαι ὧν ἂν ἴδωμεν ἢ ἀκούσωμεν ἢ αὐτοὶ ἐννοήσωμεν, ὑπέχοντας αὐτὸ ταῖς αἰσθήσεσι καὶ ἐννοίαις, ἀποτυποῦσθαι, ὥσπερ δακτυλίων σημεῖα ἐνσημαινομένους· καὶ ὃ μὲν ἂν ἐκμαγῇ, μνημονεύειν τε καὶ ἐπίστασθαι ἕως ἂν ἐνῇ τὸ εἴδωλον αὐτοῦ· ὃ δʼ ἂν ἐξαλειφθῇ ἢ μὴ οἷόν τε γένηται ἐκμαγῆναι, ἐπιλελῆσθαί τε καὶ μὴ ἐπίστασθαι. ΘΕΑΙ. ἔστω οὕτως. ΣΩ. ὁ τοίνυν ἐπιστάμενος μὲν αὐτά, σκοπῶν δέ τι ὧν ὁρᾷ ἢ ἀκούει, ἄθρει εἰ ἄρα τοιῷδε τρόπῳ ψευδῆ ἂν δοξάσαι. ΘΕΑΙ. ποίῳ δή τινι; ΣΩ. ἃ οἶδεν, οἰηθεὶς εἶναι τοτὲ μὲν ἃ οἶδε, τοτὲ δὲ ἃ μή. ταῦτα γὰρ ἐν τοῖς πρόσθεν οὐ καλῶς ὡμολογήσαμεν ὁμολογοῦντες ἀδύνατα. ΘΕΑΙ. νῦν δὲ πῶς λέγεις;

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-theaetetus-en

SOC. I will not tell you until I have tried to consider the matter in every way. For I should be ashamed of us, if, in our perplexity, we were forced to make such admissions as those to which I refer. But if we find the object of our quest, and are set free from perplexity, then, and not before, we will speak of others as involved in those absurdities, and we ourselves shall stand free from ridicule. But if we find no escape from our perplexity, we shall, I fancy, become low-spirited, like seasick people, and shall allow the argument to trample on us and do to us anything it pleases. Hear, then, by what means I still see a prospect of success for our quest. THEAET. Do speak. SOC. I shall deny that we were right when we agreed that it is impossible for a man to have opinion that the things he does not know are the things which he knows, and thus to be deceived. But there is a way in which it is possible. THEAET. Do you mean what I myself suspected when we made the statement to which you refer, that sometimes I, though I know Socrates, saw at a distance someone whom I did not know, and thought it was Socrates whom I do know? In such a case false opinion does arise. SOC. But did not we reject that, because it resulted in our knowing and not knowing the things which we know? THEAET. Certainly we did. SOC. Let us, then, not make that assumption, but another; perhaps it will turn out well for us, perhaps the opposite. But we are in such straits that we must turn every argument round and test it from all sides. Now see if this is sensible: Can a man who did not know a thing at one time learn it later? THEAET. To be sure he can. SOC. Again, then, can he learn one thing after another? THEAET. Why not? SOC. Please assume, then, for the sake of argument, that there is in our souls a block of wax, in one case larger, in another smaller, in one case the wax is purer, in another more impure and harder, in some cases softer, and in some of proper quality. THEAET. I assume all that. SOC. Let us, then, say that this is the gift of Memory, the mother of the Muses, and that whenever we wish to remember anything we see or hear or think of in our own minds, we hold this wax under the perceptions and thoughts and imprint them upon it, just as we make impressions from seal rings; and whatever is imprinted we remember and know as long as its image lasts, but whatever is rubbed out or cannot be imprinted we forget and do not know. THEAET. Let us assume that. SOC. Now take a man who knows the things which he sees and hears, and is considering some one of them; observe whether he may not gain a false opinion in the following manner. THEAET. In what manner? SOC. By thinking that the things which he knows are sometimes things which he knows and sometimes things which he does not know. For we were wrong before in agreeing that this is impossible. THEAET. What do you say about it now?

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

SOC. Je ne te le dirai pas avant d’avoir essayé d’examiner la question de toutes les manières. Car j’aurais honte pour nous si, dans notre embarras, nous étions contraints de faire les aveux auxquels je fais allusion. Mais si nous trouvons l’objet de notre recherche et sommes délivrés de notre embarras, alors, et pas avant, nous dirons que les autres sont pris dans ces absurdités, tandis que nous-mêmes resterons à l’abri du ridicule. Mais si nous ne trouvons aucune issue à notre embarras, nous perdrons courage, j’imagine, comme des gens qui ont le mal de mer, et nous laisserons le raisonnement nous piétiner et nous faire tout ce qui lui plaira. Écoute donc par quel moyen j’aperçois encore une chance de succès pour notre recherche. THÉÉT. Parle, je t’en prie. SOC. Je nierai que nous ayons eu raison de convenir qu’il est impossible à un homme d’avoir l’opinion que les choses qu’il ne connaît pas sont celles qu’il connaît, et d’être ainsi trompé. Il existe au contraire une manière dont cela est possible. THÉÉT. Veux-tu parler de ce que je soupçonnais moi-même lorsque nous avons fait l’affirmation à laquelle tu te réfères: parfois, bien que je connaisse Socrate, j’ai vu de loin quelqu’un que je ne connaissais pas et j’ai pensé que c’était Socrate, que je connais? Dans un tel cas, une opinion fausse se produit bien. SOC. Mais n’avons-nous pas rejeté cela parce qu’il en résultait que nous connaissions et ne connaissions pas les choses que nous connaissons? THÉÉT. Certainement. SOC. Ne posons donc pas cette hypothèse, mais une autre. Peut-être tournera-t-elle bien pour nous, peut-être le contraire. Mais nous sommes si embarrassés qu’il nous faut retourner chaque raisonnement et l’éprouver de tous côtés. Vois maintenant si ceci est sensé: un homme qui ne connaissait pas une chose à un certain moment peut-il l’apprendre plus tard? THÉÉT. Assurément. SOC. Et peut-il ensuite apprendre une chose après l’autre? THÉÉT. Pourquoi pas? SOC. Admets donc, pour les besoins du raisonnement, qu’il y a dans nos âmes un bloc de cire, plus grand chez l’un et plus petit chez l’autre, fait d’une cire plus pure dans un cas, plus impure et plus dure dans un autre, plus molle chez certains, et chez d’autres de la qualité convenable. THÉÉT. J’admets tout cela. SOC. Disons alors que c’est un don de Mémoire, la mère des Muses, et que chaque fois que nous désirons nous souvenir de quelque chose que nous voyons, entendons ou concevons dans notre propre esprit, nous présentons cette cire aux perceptions et aux pensées et les y imprimons, comme nous y imprimerions le sceau d’une bague. Tout ce qui reçoit une empreinte, nous nous en souvenons et le connaissons aussi longtemps que son image subsiste; mais tout ce qui s’efface ou ne peut recevoir d’empreinte, nous l’oublions et ne le connaissons pas. THÉÉT. Admettons-le. SOC. Considère maintenant un homme qui connaît les choses qu’il voit et entend et qui examine l’une d’entre elles. Observe s’il ne pourrait pas acquérir une opinion fausse de la manière suivante. THÉÉT. De quelle manière? SOC. En pensant que les choses qu’il connaît sont parfois des choses qu’il connaît, et parfois des choses qu’il ne connaît pas. Car nous avons eu tort tout à l’heure de convenir que cela est impossible. THÉÉT. Qu’en dis-tu maintenant?

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