
Ouvrage
Euthyphron
Devant le tribunal, Socrate rencontre Euthyphron, qui poursuit son propre père au nom de la piété. Leur échange éprouve plusieurs définitions du pieux et formule le dilemme célèbre entre volonté divine et valeur morale.
- Rédaction
- vers 399-390 av. J.-C.
Sources et précision
La chronologie interne reste discutée. Cette plage est un repère qualifié, pas une année certaine.
Confiance C · plage probable
- Courant
- Socratisme et platonisme
- Époque
- Antiquité
- Langues
- Grec ancien · Anglais · Français
- Volume
- 15 passages · 7 005 mots
Avant de lire
Ce que vous allez apprendre
Distinguer exemple et définition, reconstruire le dilemme d’Euthyphron, puis comprendre comment l’aporie modifie la prétention au savoir religieux.
Résumé court
Devant le tribunal, Socrate rencontre Euthyphron, qui poursuit son propre père au nom de la piété. Leur échange éprouve plusieurs définitions du pieux et formule le dilemme célèbre entre volonté divine et valeur morale.
Résumé long
Euthyphron propose successivement l’exemple de son action, ce qui plaît aux dieux, ce que tous les dieux aiment, une partie de la justice et un art du service divin. Socrate montre à chaque fois l’écart entre exemple, propriété et essence recherchée.
Le dialogue s’achève par le départ d’Euthyphron sans définition acquise. Son assurance initiale contraste avec l’accusation d’impiété qui attend Socrate. La scène relie enquête conceptuelle, conflit religieux et ironie dramatique sans livrer un catéchisme platonicien.
Dans cet ouvrage
La table des matières suit les divisions réellement portées par le corpus.
Ouvrage › Page Stephanus
Concepts abordés
Contexte historique
Le monde autour du texte
Les manifestes du corpus ne suffisent pas encore à établir précisément le lieu et les circonstances de composition. Les images ci-dessous documentent le monde de l’auteur ou la transmission du texte. Elles ne prétendent pas montrer la scène exacte de son écriture.
Ces images sont des reconstitutions modernes. Elles situent un lieu, une pratique ou une transmission documentée et ne sont pas des documents d’époque.



À quoi ressemblait le monde
Monde grec classique, Ve siècle av. J.-C.




- État technologique
- Le bronze, le fer, la céramique, les grues simples et la charpente navale soutiennent les villes. La force vient encore surtout des humains, des animaux, du vent et de l’eau.
- Sciences et savoirs
- Géométrie, astronomie, enquête sur la nature et argumentation rationnelle progressent, sans instruments de mesure modernes ni expérimentation standardisée.
- Médecine et soins
- Des praticiens observent symptômes, régime et saisons; sanctuaires et rites de guérison restent également fréquentés.
- Transports
- La marche et les animaux dominent à terre. Les voiliers et les trières relient les îles, les ports et les colonies.
- Agriculture et alimentation
- Petites exploitations, céréales, vigne, olivier, chèvres et moutons structurent l’alimentation; les récoltes restent vulnérables au climat et à la guerre.
- Communication
- La parole publique, les messagers et les lettres manuscrites portent les nouvelles. Théâtre, place civique et banquet sont des médias sociaux majeurs.
- Mode vestimentaire
- Femmes et hommes drapent laine ou lin en chitons, péplos et manteaux. Les vêtements sont attachés, ceinturés et adaptés au statut plutôt que taillés comme aujourd’hui.
Éditions, traductions et provenance
Les supports suivants représentent le texte. Ils ne créent pas de nouvelles identités de passage.
- Grec ancienoriginal
- Anglaishistorical_translation
- Français Traduction générée par IA, non officielleCodex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
- Françaishistorical_translation
- Anglais Traduction générée par IA, non officielleCodex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
Manifestes sources : plato.euthyphro, plato.euthyphro_fr_carrier
Lecteur
Lire page par page
Euthyphron. Quelle étrange affaire est survenue, Socrate, pour que tu aies quitté les lieux que tu fréquentes d’ordinaire au Lycée et que tu rôdes maintenant sous le portique où siège l’archonte-roi ? Car il ne se peut tout de même pas que tu aies, comme moi, une action devant le roi.
Socrate. Nos Athéniens, Euthyphron, n’appellent pas cela une action, mais une accusation.
Euthyphron. Quoi ? Quelqu’un, semble-t-il, a porté une accusation contre toi, car je ne te soupçonne pas d’en avoir porté une contre quelqu’un d’autre.
Socrate. Certainement pas.
Euthyphron. Mais quelqu’un d’autre en a porté une contre toi ?
Socrate. Précisément.
Euthyphron. Qui est-ce ?
Socrate. Je ne connais pas moi-même très bien cet homme, Euthyphron, car il semble jeune et inconnu. Il s’appelle pourtant Mélétos, je crois. Il est du dème de Pithos, si tu te souviens d’un Mélétos de Pithos, aux cheveux longs, à la barbe peu fournie et au nez crochu.
Euthyphron. Je ne me souviens pas de lui, Socrate. Mais quelle sorte d’accusation a-t-il portée contre toi ?
Socrate. Quelle sorte ? Une accusation qui n’est pas sans importance, à ce qu’il me semble. Car le fait que, si jeune encore, il ait discerné une affaire aussi considérable ne lui fait pas peu d’honneur. Il affirme savoir comment les jeunes gens sont corrompus et quels sont ceux qui les corrompent. Ce doit être un sage : voyant mon manque de sagesse et comprenant que je corromps ceux de son âge, il vient m’accuser devant la cité, comme un enfant court auprès de sa mère. Et il me semble être le seul des hommes publics à commencer comme il convient. Car il convient de prendre soin d’abord des jeunes gens, afin de les rendre aussi bons que possible, de même qu’un bon cultivateur prendra naturellement soin des jeunes plants en premier lieu, puis des autres.