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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S21

Section 29 of 1,114

Canonical reference B1.C2.S21

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

But we have not yet done with “assenting to propositions at first hearing and understanding their terms.” It is fit we first take notice that this, instead of being a mark that they are innate, is a proof of the contrary; since it supposes that several, who understand and know other things, are ignorant of these principles till they are proposed to them; and that one may be unacquainted with these truths till he hears them from others. For, if they were innate, what need they be proposed in order to gaining assent, when, by being in the understanding, by a natural and original impression, (if there were any such,) they could not but be known before? Or doth the proposing them print them clearer in the mind than nature did? If so, then the consequence will be, that a man knows them better after he has been thus taught them than he did before. Whence it will follow that these principles may be made more evident to us by others’ teaching than nature has made them by impression: which will ill agree with the opinion of innate principles, and give but little authority to them; but, on the contrary, makes them unfit to be the foundations of all our other knowledge; as they are pretended to be. This cannot be denied, that men grow first acquainted with many of these self-evident truths upon their being proposed: but it is clear that whosoever does so, finds in himself that he then begins to know a proposition, which he knew not before, and which from thenceforth he never questions; not because it was innate, but because the consideration of the nature of the things contained in those words would not suffer him to think otherwise, how, or whensoever he is brought to reflect on them. And if whatever is assented to at first hearing and understanding the terms must pass for an innate principle, every well-grounded observation, drawn from particulars into a general rule, must be innate. When yet it is certain that not all, but only sagacious heads, light at first on these observations, and reduce them into general propositions: not innate but collected from a preceding acquaintance and reflection on particular instances. These, when observing men have made them, unobserving men, when they are proposed to them cannot refuse their assent to.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Mais il reſte encore une choſe à remarquer ſur le conſentement qu’on donne à certaines Propoſitions, dès qu’on les entend prononcer & qu’on en comprend le ſens, c’eſt que, bien loin que ce conſentement faſſe voir que ces Propoſitions ſoient innées, c’eſt juſtement une preuve du contraire ; car cela ſuppoſe que des gens, qui ſont inſtruits de diverſes choſes, ignorent ces Principes juſqu’à ce qu’on les leur ait propoſez, & que perſonne ne les connoît avant que d’en avoir ouï parler. Or ſi ces véritez étoient innées, quelle néceſſité y auroit-il de les propoſer, pour les faire recevoir ? Car étant déja gravées dans l’Entendement par une impreſſion naturelle & originale, (ſuppoſé qu’il y eût une telle impreſſion, comme on le prétend) elles ne pourroient qu’être déja connuës. Dira-t-on qu’en les propoſant on les imprime plus nettement dans l’Eſprit que la Nature n’avoit ſu faire ? Mais ſi cela eſt, il s’enſuivra de là, qu’un homme connoît mieux ces véritez, après qu’on les lui a enſeignées, qu’il ne faiſoit auparavant. D’où il faudra conclurre, que nous pouvons connoître ces Principes d’une maniére plus évidente, lors qu’ils nous ſont expoſez par d’autres hommes, que lors que la Nature ſeule les a imprimez dans notre Eſprit, ce qui s’accorde fort mal avec ce qu’on dit qu’il y a des Principes innez, rien n’étant plus propre à en affoiblir l’autorité. Car dès-là, ces Principes deviennent incapables de ſervir de fondement à toutes nos autres connoiſſances, quoi qu’en veuillent dire les Partiſans des Idées innées, qui leur attribuent cette prérogative.

A la vérité, l’on ne peut nier que les Hommes ne connoiſſent pluſieurs de ces véritez, évidentes par elles-mêmes, dès qu’elles leur ſont propoſées : mais il n’eſt pas moins évident, que tout homme à qui cela arrive, eſt convaincu en lui-même que dans ce même temps-là il commence à connoître une Propoſition qu’il ne connoiſſoit pas auparavant, & qu’il ne revoque plus en doute dès ce moment. Du reſte, s’il y acquieſce ſi promptement, ce n’eſt point à cauſe que cette Propoſition étoit gravée naturellement dans ſon Eſprit, mais parce que la conſideration même de la nature des choſes exprimées par les paroles que ces ſortes de Propoſitions renferment, ne lui permet pas d’en juger autrement, de quelque maniére & en quelque temps qu’il vienne à y reflechir. Que ſi l’on doit regarder comme un Principe inné, chaque Propoſition à laquelle on donne ſon conſentement, dès qu’on l’entend prononcer pour la prémiére fois, & qu’on en comprend les termes, toute obſervation qui fondée légitimement ſur des experiences particuliéres, fait une règle générale, devra donc auſſi paſſer pour innée. Cependant, il eſt certain que ces obſervations ne ſe préſentent pas d’abord indifferemment à tous les hommes, mais ſeulement à ceux qui ont le plus de pénétration : lesquels les réduiſent enſuite en Propoſitions générales, nullement innées, mais déduites de quelque connoiſſance précedente, & de la reflexion qu’ils ont faite ſur des exemples particuliers. Mais ces Maximes une fois établies par de curieux obſervateurs, de la maniére que je viens de dire, ſi on les propoſe à d’autres hommes qui ne ſont point portez d’eux-mêmes à cette eſpèce de recherche, ils ne peuvent refuſer d’y donner auſſi-tôt leur conſentement.

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