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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S2

Section 491 of 1,114

Canonical reference B2.C27.S2

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

We have the ideas but of three sorts of substances: 1. GOD. 2. FINITE INTELLIGENCES. 3. BODIES.

First, GOD is without beginning, eternal, unalterable, and everywhere, and therefore concerning his identity there can be no doubt.

Secondly, FINITE SPIRITS having had each its determinated time and place of beginning to exist, the relation to that time and place will always determine to each of them its identity, as long as it exists.

Thirdly, The same will hold of every PARTICLE OF MATTER, to which no addition or subtraction of matter being made, it is the same. For, though these three sorts of substances, as we term them, do not exclude one another out of the same place, yet we cannot conceive but that they must necessarily each of them exclude any of the same kind out of the same place: or else the notions and names of identity and diversity would be in vain, and there could be no such distinctions of substances, or anything else one from another. For example: could two bodies be in the same place at the same time; then those two parcels of matter must be one and the same, take them great or little; nay, all bodies must be one and the same. For, by the same reason that two particles of matter may be in one place, all bodies may be in one place: which, when it can be supposed, takes away the distinction of identity and diversity of one and more, and renders it ridiculous. But it being a contradiction that two or more should be one, identity and diversity are relations and ways of comparing well founded, and of use to the understanding.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Nous n’avons d’idée que de trois ſortes de Subſtances, qui ſont, 1. Dieu ; les Intelligences Finies ; 3. & les Corps.

Prémiérement, Dieu eſt ſans commencement, éternel, inaltérable, & préſent par-tout, c’eſt pourquoi l’on ne peut former aucun doute ſur ſon Identité.

En ſecond lieu, les Eſprits finis ayant eu chacun un certain temps & un certain lieu qui a déterminé le commencement de leur exiſtence, la relation à ce temps & à ce lieu déterminera toûjours l’Identité de chacun d’eux, auſſi long temps qu’elle ſubſiſtera.

En troiſiéme lieu, l’on peut dire de même à l’égard de chaque particule de Matiére, que, tandis qu’elle n’eſt ni augmentée ni diminuée par l’addition ou la ſouſtraction d’aucune matiére, elle eſt la même. Car quoi que ces trois ſortes de Subſtances, comme nous ne pouvons nous empêcher de concevoir, que chacune d’elles doit néceſſairement exclurre du même lieu tout autre qui eſt de la même eſpèce. Autrement, les notions & les noms d’Identité & de Diverſité ſeroient inutiles ; & il ne pourroit y avoir aucune diſtinction de Subſtances ni d’aucunes choſes differentes l’une de l’autre. Par exemple, ſi deux Corps pouvoient être dans un même lieu tout à la fois, deux particules de Matiére ſeroient une ſeule & même particule, ſoit que vous les ſuppoſiez grandes ou petites ; ou plûtôt, tous les Corps ne ſeroient qu’un ſeul & même Corps. Car par la même raiſon que deux particules de Matiére peuvent être dans un ſeul lieu, tous les Corps peuvent être auſſi dans un ſeul lieu : ſuppoſition qui étant une fois admiſe détruit toute diſtinction entre l’Identité & la Diverſité, entre un & pluſieurs, & la rend tout-à-fait ridicule. Or comme c’eſt une contradiction, que deux ou plus d’un ne ſoient qu’un, l’Identité & la Diverſité ſont des rapports & des moyens de comparaiſon très-bien fondez, & de grand uſage à l’entendement.

Toutes les autres choſes n’étant, après les Subſtances, que des Modes ou des Relations qui ſe terminent aux Subſtances, on peut déterminer encore par la même voye l’Identité & la Diverſité de chaque exiſtence particuliére qui leur convient. Seulement à l’égard des choſes dont l’exiſtence conſiſte dans une perpetuelle ſuceſſion, comme ſont les actions des Etres finis, le Mouvement & la Penſée, qui conſiſtent l’un & l’autre dans une continuelle ſucceſſion, on ne peut douter de leur diverſité ; car chacune périſſant dans le même moment qu’elle commence, elles ne ſauroient exiſter en différens temps, ou en différens lieux, ainſi que des Etres permanens peuvent en divers temps exiſter dans des lieux différens ; & par conſéquent, aucun mouvement ni aucune penſée qu’on conſidere comme dans différens temps ne peuvent être les mêmes, puisque chacune de leurs parties a un différent commencement d’exiſtence.

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