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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S3

Section 492 of 1,114

Canonical reference B2.C27.S3

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

All other things being but modes or relations ultimately terminated in substances, the identity and diversity of each particular existence of them too will be by the same way determined: only as to things whose existence is in succession, such as are the actions of finite beings, v. g. MOTION and THOUGHT, both which consist in a continued train of succession, concerning THEIR diversity there can be no question: because each perishing the moment it begins, they cannot exist in different times, or in different places, as permanent beings can at different times exist in distant places; and therefore no motion or thought, considered as at different times, can be the same, each part thereof having a different beginning of existence.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Par tout ce que nous venons de dire il eſt aiſé de voir ce que c’eſt qui conſtituë un Individu & le diſtingue de tout autre Etre, (ce qu’on nomme Principium Individuationis dans les Ecoles, où l’on ſe tourmente ſi fort pour ſavoir ce que c’eſt) il eſt, dis-je, évident, que ce Principe conſiſte dans l’exiſtence même qui fixe chaque être, de quelque ſorte qu’il ſoit, à un temps particulier, & un lieu incommunicable à deux Etres de la même eſpèce. Quoi que cela paroiſſe plus aiſé à concevoir dans les Subſtances ou Modes les plus ſimples, on trouvera pourtant, ſi l’on y fait reflexion, qu’il n’eſt pas plus difficile de le comprendre dans les Subſtances, ou Modes les plus complexes, ſi l’on prend la peine de conſiderer à quoi ce Principe eſt préciſément appliqué. Suppoſons par exemple un Atome, c’eſt-à-dire, un Corps continu ſous une ſurface immuable, qui exiſte dans un temps & dans un lieu déterminé, il eſt évident, que dans quelque inſtant de ſon exiſtence qu’on le conſidere, il eſt dans cet inſtant le même avec lui-même. Car étant dans cet inſtant ce qu’il eſt effectivement & rien autre choſe, il eſt le même & doit continuer d’être tel, auſſi long-temps que ſon exiſtence eſt continuée : car pendant tout ce temps il ſera le même, & non un autre. Et ſi deux, trois, quatre Atomes, & davantage, ſont joints enſemble dans une même Maſſe, chacun de ces Atomes ſera le même, par la règle que je viens de poſer ; & pendant qu’ils exiſtent joints enſemble, la maſſe qui eſt compoſée des mêmes Atomes, ou qu’on y en ajoûte un nouveau, ce n’eſt plus la même maſſe, ni le même corps. Quant aux créatures vivantes, leur Identité ne dépend pas d’une maſſe compoſée des mêmes particules, mais de quelque autre choſe. Car en elles un changement de grandes parties de matiére ne donne point d’atteinte à l’Identité. Un Chêne qui d’une petite plante devient un grand arbre, & qu’on vient d’émonder, eſt toûjours le même Chêne ; & un Poulain devenu Cheval, tantôt gras, & tantôt maigre, eſt durant tout ce temps-là le même Cheval, quoi que dans ces deux cas il y aît un manifeſte changement de partie : de ſorte qu’en effet ni l’un ni l’autre n’eſt une même maſſe de matiere, bien qu’ils ſoient veritablement, l’un le même Chêne ; & l’autre, le même Cheval. Et la raiſon de cette difference eſt fondée ſur ce que dans ces deux cas concernant une maſſe de matiére, & un Corps vivant, l’Identité n’eſt pas appliquée à la même choſe.

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