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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S11

Section 850 of 1,114

Canonical reference B4.C2.S11

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

But in other simple ideas, whose modes and differences are made and counted by degrees, and not quantity, we have not so nice and accurate a distinction of their differences as to perceive, or find ways to measure, their just equality, or the least differences. For those other simple ideas, being appearances of sensations produced in us, by the size, figure, number, and motion of minute corpuscles singly insensible; their different degrees also depend upon the variation of some or of all those causes: which, since it cannot be observed by us, in particles of matter whereof each is too subtile to be perceived, it is impossible for us to have any exact measures of the different degrees of these simple ideas. For, supposing the sensation or idea we name whiteness be produced in us by a certain number of globules, which, having a verticity about their own centres, strike upon the retina of the eye, with a certain degree of rotation, as well as progressive swiftness; it will hence easily follow, that the more the superficial parts of any body are so ordered as to reflect the greater number of globules of light, and to give them the proper rotation, which is fit to produce this sensation of white in us, the more white will that body appear, that from an equal space sends to the retina the greater number of such corpuscles, with that peculiar sort of motion. I do not say that the nature of light consists in very small round globules; nor of whiteness in such a texture of parts as gives a certain rotation to these globules when it reflects them: for I am not now treating physically of light or colours. But this I think I may say, that I cannot (and I would be glad any one would make intelligible that he did) conceive how bodies without us can any ways affect our senses, but by the immediate contact of the sensible bodies themselves, as in tasting and feeling, or the impulse of some sensible particles coming from them, as in seeing, hearing, and smelling; by the different impulse of which parts, caused by their different size, figure, and motion, the variety of sensations is produced in us.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Mais dans les autres idées ſimples dont on forme & dont on compte les Modes & les différences par des dégrez, & non par la quantité ; nous ne diſtinguons pas ſi exactement leurs différences, que nous puiſſions appercevoir ou trouver des moyens de meſurer leur juſte égalité, ou leurs plus petites différences : car comme ces autres Idées ſimples ſont des apparences ou des ſenſations produites en nous par la groſſeur, la figure, le nombre & le mouvement de petits Corpuſcules qui pris à part ſont abſolument imperceptibles, leurs différens dégrez dépendent auſſi de la variation de quelques-unes de ces Cauſes, ou de toutes enſemble ; de ſorte que ne pouvant obſerver cette variation dans les particules de Matiére dont chacune eſt trop ſubtile pour être apperçuë, il nous eſt impoſſible d’avoir aucunes meſures exactes des différens dégrez de ces Idées ſimples. Car ſuppoſé, par exemple, que la Senſation, ou l’idée que nous nommons Blancheur ſoit produite en nous par un certain nombre de Globules qui pirouëttans autour de leur propre centre, vont frapper la retine de L’Oeuil avec un certain dégré de tournoyement & de viteſſe progreſſive, il s’enſuivra aiſément de là que plus les parties qui compoſent la ſurface d’un Corps, ſont diſpoſées de telle maniére qu’elles reflêchiſſent un plus grand nombre de globule de lumiére, & leur donnent ce tournoyement particulier qui eſt propre à produire en nous la ſenſation du Blanc plus un Corps doit paroître blanc, lorſque d’un égal eſpace il pouſſe vers la retine un plus grand nombre de ces Globules avec cette eſpèce particuliére de mouvement. Je ne décide pas que la nature de la Lumiére conſiſte dans de petits globules, ni celle de la Blancheur dans une telle contexture de partie qui en reflechiſſant ces globules leur donne un certain pirouëttement, car je ne traite point ici en Phyſicien de la Lumiére ou des Couleurs ; mais ce que je croi pouvoir dire, c’eſt que ja ne ſaurois comprendre comment des Corps qui exiſtent hors de nous, peuvent affecter autrement nos Sens, que par le contact immédiat des Corps ſenſibles, comme dans le Goût & dans l’Attouchement, ou par le moyen de l’impulſion de quelques particules inſenſibles qui viennent des Corps, comme à l’égard de la Vuë de l’Ouïe, & de l’Odorat ; laquelle impulſion étant différente ſelon qu’elle eſt cauſée par la différente groſſeur, figure & mouvement des parties, produit en nous les différentes ſenſations que chacun éprouve en ſoi-même. Que ſi quelqu’un peut faire voir d’une maniére intelligible qu’il conçoit autrement la choſe, il me ſeroit plaiſir de m’en inſtruire.

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