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Plato

Socrates in Plato’s Meno Passage 99

Passage 30 of 31

Canonical reference 99

Ancient Greek

perseus-plato-meno-grc

ΣΩ. ὀρθῶς δέ γε ἡγεῖσθαι δύο ὄντα ταῦτα μόνα, δόξαν τε ἀληθῆ καὶ ἐπιστήμην, ἃ ἔχων ἄνθρωπος ὀρθῶς ἡγεῖται - τὰ γὰρ ἀπὸ τύχης τινὸς ὀρθῶς γιγνόμενα οὐκ ἀνθρωπίνῃ ἡγεμονίᾳ γίγνεται - ὧν δὲ ἄνθρωπος ἡγεμών ἐστιν ἐπὶ τὸ ὀρθόν, δύο ταῦτα, δόξα ἀληθὴς καὶ ἐπιστήμη. ΜΕΝ. δοκεῖ μοι οὕτω. ΣΩ. οὐκοῦν ἐπειδὴ οὐ διδακτόν ἐστιν, οὐδʼ ἐπιστήμη δὴ ἔτι γίγνεται ἡ ἀρετή; ΜΕΝ. οὐ φαίνεται. ΣΩ. δυοῖν ἄρα ὄντοιν ἀγαθοῖν καὶ ὠφελίμοιν τὸ μὲν ἕτερον ἀπολέλυται, καὶ οὐκ ἂν εἴη ἐν πολιτικῇ πράξει ἐπιστήμη ἡγεμών. ΜΕΝ. οὔ μοι δοκεῖ. ΣΩ. οὐκ ἄρα σοφίᾳ τινὶ οὐδὲ σοφοὶ ὄντες οἱ τοιοῦτοι ἄνδρες ἡγοῦντο ταῖς πόλεσιν, οἱ ἀμφὶ Θεμιστοκλέα τε καὶ οὓς ἄρτι Ἄνυτος ὅδε ἔλεγεν· διὸ δὴ καὶ οὐχ οἷοί τε ἄλλους ποιεῖν τοιούτους οἷοι αὐτοί εἰσι, ἅτε οὐ διʼ ἐπιστήμην ὄντες τοιοῦτοι. ΜΕΝ. ἔοικεν οὕτως ἔχειν, ὦ Σώκρατες, ὡς λέγεις. ΣΩ. οὐκοῦν εἰ μὴ ἐπιστήμῃ, εὐδοξίᾳ δὴ τὸ λοιπὸν γίγνεται· ᾗ οἱ πολιτικοὶ ἄνδρες χρώμενοι τὰς πόλεις ὀρθοῦσιν, οὐδὲν διαφερόντως ἔχοντες πρὸς τὸ φρονεῖν ἢ οἱ χρησμῳδοί τε καὶ οἱ θεομάντεις· καὶ γὰρ οὗτοι ἐνθουσιῶντες λέγουσιν μὲν ἀληθῆ καὶ πολλά, ἴσασι δὲ οὐδὲν ὧν λέγουσιν. ΜΕΝ. κινδυνεύει οὕτως ἔχειν. ΣΩ. οὐκοῦν, ὦ Μένων, ἄξιον τούτους θείους καλεῖν τοὺς ἄνδρας, οἵτινες νοῦν μὴ ἔχοντες πολλὰ καὶ μεγάλα κατορθοῦσιν ὧν πράττουσι καὶ λέγουσι; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. ὀρθῶς ἄρʼ ἂν καλοῖμεν θείους τε οὓς νυνδὴ ἐλέγομεν χρησμῳδοὺς καὶ μάντεις καὶ τοὺς ποιητικοὺς ἅπαντας· καὶ τοὺς πολιτικοὺς οὐχ ἥκιστα τούτων φαῖμεν ἂν θείους τε εἶναι καὶ ἐνθουσιάζειν, ἐπίπνους ὄντας καὶ κατεχομένους ἐκ τοῦ θεοῦ, ὅταν κατορθῶσι λέγοντες πολλὰ καὶ μεγάλα πράγματα, μηδὲν εἰδότες ὧν λέγουσιν. ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. καὶ αἵ γε γυναῖκες δήπου, ὦ Μένων, τοὺς ἀγαθοὺς ἄνδρας θείους καλοῦσι· καὶ οἱ Λάκωνες ὅταν τινὰ ἐγκωμιάζωσιν ἀγαθὸν ἄνδρα, θεῖος ἀνήρ, φασίν, οὗτος. ΜΕΝ. καὶ φαίνονταί γε, ὦ Σώκρατες, ὀρθῶς λέγειν. καίτοι ἴσως Ἄνυτος ὅδε σοι ἄχθεται λέγοντι.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Soc. And that there are only two things - true opinion and knowledge - that guide rightly and a man guides rightly if he have these; for things that come about by chance do not occur through human guidance; but where a man is a guide to what is right we find these two things - true opinion and knowledge. Men. I agree. Soc. Well now, since virtue is not taught, we no longer take it to be knowledge? Men. Apparently not. Soc. So of two good and useful things one has been rejected: knowledge cannot be our guide in political conduct. Men. I think not. Soc. Therefore it was not by any wisdom, nor because they were wise, that the sort of men we spoke of controlled their states - Themistocles and the rest of them, to whom our friend Anytus was referring a moment ago. For this reason it was that they were unable to make others like unto themselves - because their qualities were not an effect of knowledge. Men. The case is probably as you say, Socrates. Soc. And if not by knowledge, as the only alternative it must have been by good opinion. This is the means which statesmen employ for their direction of states, and they have nothing more to do with wisdom than soothsayers and diviners; for these people utter many a true thing when inspired, but have no knowledge of anything they say. Men. I daresay that is so. Soc. And may we, Meno, rightly call those men divine who, having no understanding, yet succeed in many a great deed and word? Men. Certainly. Soc. Then we shall be right in calling those divine of whom we spoke just now as soothsayers and prophets and all of the poetic turn; and especially we can say of the statesmen that they are divine and enraptured, as being inspired and possessed of God when they succeed in speaking many great things, while knowing nought of what they say. Men. Certainly. Soc. And the women too, I presume, Meno, call good men divine; and the Spartans, when they eulogize a good man, say - He is a divine person. Men. And to all appearance, Socrates, they are right; though perhaps our friend Anytus may be annoyed at your statement.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-02

[99a] SOCRATE. Et que deux choses seulement dirigent bien, l’opinion vraie et la science, avec le secours desquelles l’homme se dirige bien : car ce qui arrive par hasard n’est point l’effet d’une direction humaine : et ces deux choses seulement dirigent bien l’homme, l’opinion vraie et la science. MENON. Je pense de même. SOCRATE. Or, puisque la vertu ne peut pas s’enseigner, déjà elle n’est pas la science. MENON. Évidemment non. [99b] SOCRATE. De ces deux choses bonnes et utiles, en voilà donc une mise hors de rang, et la science ne saurait servir de conductrice dans les affaires politiques. MENON. Il me semble que non. SOCRATE. Par conséquent ce n’est point par une certaine sagesse, ni étant sages eux-mêmes, que Thémistocle et les autres dont Anytus parlait tout à l’heure ont gouverné les états : c’est pourquoi ils n’ont pu rendre les autres ce qu’ils étaient eux-mêmes, parce qu’ils n’étaient point tels par science. MENON. Il y a apparence que la chose est comme tu dis, Socrate. SOCRATE. Si donc ce n’est point la science, reste [99c] que ce soit l’opinion vraie qui dirige les politiques dans la bonne administration des états ; en fait de connaissances ils ne diffèrent en rien des prophètes, et des devins inspirés. En effet, ceux-ci annoncent beaucoup de choses vraies, mais ils ne savent aucune des choses dont ils parlent. MENON. Très vraisemblablement. SOCRATE. Mais ne convient-il pas, Menon, d’appeler divins ceux qui, étant dépourvus d’intelligence, réussissent en je ne sais combien de grandes choses qu’ils font et qu’ils disent ? MENON. Oui. SOCRATE. Nous aurons donc raison de nommer divins les prophètes et les devins dont on vient de parler, [99d] et tous ceux qui ont le génie poétique : et nous serons pour le moins aussi bien fondés à accorder ce titre aux politiques, les regardant comme des hommes saisis d’enthousiasme, inspirés et animés par la divinité, lorsqu’ils réussissent en parlant sur bien des affaires importantes, sans avoir aucune science sur ce qu’ils disent. MENON. Assurément. SOCRATE. Aussi les femmes, Menon, appellent-elles divins les hommes vertueux ; et les Lacédémoniens, quand ils veulent faire l’éloge d’un homme de bien, disent : C’est un homme divin. [99e] MENON. Et il est évident, Socrate, qu’ils ont raison, quoique peut-être Anytus s’offense de tes discours. SOCRATE. Je ne m’en mets pas en peine : je m’entretiendrai avec lui une autre fois, Menon. Pour ce qui nous regarde, si dans tout ce discours nous avons examiné et traité la chose comme nous devions, il s’ensuit que la vertu n’est point naturelle à l’homme, ni ne peut s’apprendre ; mais qu’elle arrive par une influence divine à ceux en qui elle se rencontre, sans intelligence de leur part ;

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