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Plato

Socrates in Plato’s Phaedrus Passage 271

Passage 45 of 53

Canonical reference 271

Ancient Greek

perseus-plato-phaedrus-grc

ΣΩ. οὐκοῦν ἡ ἅμιλλα αὐτῷ τέταται πρὸς τοῦτο πᾶσα· πειθὼ γὰρ ἐν τούτῳ ποιεῖν ἐπιχειρεῖ. ἦ γάρ; ΦΑΙ. ναί. ΣΩ. δῆλον ἄρα ὅτι ὁ Θρασύμαχός τε καὶ ὃς ἂν ἄλλος σπουδῇ τέχνην ῥητορικὴν διδῷ, πρῶτον πάσῃ ἀκριβείᾳ γράψει τε καὶ ποιήσει ψυχὴν ἰδεῖν, πότερον ἓν καὶ ὅμοιον πέφυκεν ἢ κατὰ σώματος μορφὴν πολυειδές· τοῦτο γάρ φαμεν φύσιν εἶναι δεικνύναι. ΦΑΙ. παντάπασι μὲν οὖν. ΣΩ. δεύτερον δέ γε, ὅτῳ τί ποιεῖν ἢ παθεῖν ὑπὸ τοῦ πέφυκεν. ΦΑΙ. τί μήν; ΣΩ. τρίτον δὲ δὴ διαταξάμενος τὰ λόγων τε καὶ ψυχῆς γένη καὶ τὰ τούτων παθήματα δίεισι πάσας αἰτίας, προσαρμόττων ἕκαστον ἑκάστῳ καὶ διδάσκων οἵα οὖσα ὑφʼ οἵων λόγων διʼ ἣν αἰτίαν ἐξ ἀνάγκης ἡ μὲν πείθεται, ἡ δὲ ἀπειθεῖ. ΦΑΙ. κάλλιστα γοῦν ἄν, ὡς ἔοικʼ, ἔχοι οὕτως. ΣΩ. οὔτοι μὲν οὖν, ὦ φίλε, ἄλλως ἐνδεικνύμενον ἢ λεγόμενον τέχνῃ ποτὲ λεχθήσεται ἢ γραφήσεται οὔτε τι ἄλλο οὔτε τοῦτο. ἀλλʼ οἱ νῦν γράφοντες, ὧν σὺ ἀκήκοας, τέχνας λόγων πανοῦργοί εἰσιν καὶ ἀποκρύπτονται, εἰδότες ψυχῆς πέρι παγκάλως· πρὶν ἂν οὖν τὸν τρόπον τοῦτον λέγωσί τε καὶ γράφωσι, μὴ πειθώμεθα αὐτοῖς τέχνῃ γράφειν. ΦΑΙ. τίνα τοῦτον; ΣΩ. αὐτὰ μὲν τὰ ῥήματα εἰπεῖν οὐκ εὐπετές· ὡς δὲ δεῖ γράφειν, εἰ μέλλει τεχνικῶς ἔχειν καθʼ ὅσον ἐνδέχεται, λέγειν ἐθέλω. ΦΑΙ. λέγε δή. ΣΩ. ἐπειδὴ λόγου δύναμις τυγχάνει ψυχαγωγία οὖσα, τὸν μέλλοντα ῥητορικὸν ἔσεσθαι ἀνάγκη εἰδέναι ψυχὴ ὅσα εἴδη ἔχει. ἔστιν οὖν τόσα καὶ τόσα, καὶ τοῖα καὶ τοῖα, ὅθεν οἱ μὲν τοιοίδε, οἱ δὲ τοιοίδε γίγνονται· τούτων δὲ δὴ οὕτω διῃρημένων, λόγων αὖ τόσα καὶ τόσα ἔστιν εἴδη, τοιόνδε ἕκαστον. οἱ μὲν οὖν τοιοίδε ὑπὸ τῶν τοιῶνδε λόγων διὰ τήνδε τὴν αἰτίαν ἐς τὰ τοιάδε εὐπειθεῖς, οἱ δὲ τοιοίδε διὰ τάδε δυσπειθεῖς· δεῖ δὴ ταῦτα ἱκανῶς νοήσαντα, μετὰ ταῦτα θεώμενον αὐτὰ ἐν ταῖς πράξεσιν ὄντα τε καὶ πραττόμενα, ὀξέως τῇ αἰσθήσει δύνασθαι ἐπακολουθεῖν, ἢ μηδὲν εἶναί πω πλέον αὐτῷ ὧν τότε ἤκουεν λόγων συνών.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-phaedrus-en

Socrates. Then this is the goal of all his effort; he tries to produce conviction in the soul. Is not that so? Phaedrus. Yes. Socrates. So it is clear that Thrasymachus, or anyone else who seriously teaches the art of rhetoric, will first describe the soul with perfect accuracy and make us see whether it is one and all alike, or, like the body, of multiform aspect; for this is what we call explaining its nature. Phaedrus. Certainly. Socrates. And secondly he will say what its action is and toward what it is directed, or how it is acted upon and by what. Phaedrus. To be sure. Socrates. Thirdly, he will classify the speeches and the souls and will adapt each to the other, showing the causes of the effects produced and why one kind of soul is necessarily persuaded by certain classes of speeches, and another is not. Phaedrus. That would, I think, be excellent. Socrates. By no other method of exposition or speech will this, or anything else, ever be written or spoken with real art. But those whom you have heard, who write treatises on the art of speech nowadays, are deceivers and conceal the nature of the soul, though they know it very well. Until they write and speak by this method we cannot believe that they write by the rules of art. Phaedrus. What is this method? Socrates. It is not easy to tell the exact expressions to be used; but I will tell how one must write, if one is to do it, so far as possible, in a truly artistic way. Phaedrus. Speak then. Socrates. Since it is the function of speech to lead souls by persuasion, he who is to be a rhetorician must know the various forms of soul. Now they are so and so many and of such and such kinds, wherefore men also are of different kinds: these we must classify. Then there are also various classes of speeches, to one of which every speech belongs. So men of a certain sort are easily persuaded by speeches of a certain sort for a certain reason to actions or beliefs of a certain sort, and men of another sort cannot be so persuaded. The student of rhetoric must, accordingly, acquire a proper knowledge of these classes and then be able to follow them accurately with his senses when he sees them in the practical affairs of life; otherwise he can never have any profit from the lectures he may have heard.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-phaedrus-fr-02

[271a] SOCRATE. N’est-ce pas là qu’il doit diriger tous ses efforts ? N’est-ce pas là qu’il veut porter la persuasion ? Que t’en semble ? PHÈDRE. Oui, sans doute. SOCRATE. Il est donc évident que Thrasymaque, ou tout autre qui veut sérieusement enseigner l’art oratoire, fera voir d’abord si l’âme est une substance simple et identique, ou si, comme le corps, elle est composée d’éléments divers ; car c’est là ce que nous appelons expliquer la nature des choses. PHÈDRE. C’est cela même. SOCRATE. Il dira ensuite quelles sont ses propriétés actives et passives et à quoi elles se rapportent. PHÈDRE. Sans doute. [271b] SOCRATE. En troisième lieu, ayant rangé par ordre les différentes sortes de discours et d’âmes et leurs diverses manières d’être affectées, il remontera aux causes qui peuvent produire ces effets, ajustera les moyens à la fin, et fera voir comment par tels discours il doit arriver nécessairement que telles âmes s’ouvrent à la persuasion et d’autres s’y refusent. PHÈDRE. Je ne crois pas qu’on puisse faire mieux. SOCRATE. Ainsi jamais, mon cher Phèdre, ce qui sera dit ou enseigné d’une autre manière, ne le sera avec art, [271c] quel qu’en soit l’objet ; mais ceux qui de nos jours ont écrit sur la rhétorique, et que tu as entendus parler, sont des fourbes adroits qui dissimulent les connaissances qu’ils ont de l’âme humaine : tant qu’ils ne parleront pas de cette manière, gardons-nous de croire qu’ils parlent ou écrivent avec art. PHÈDRE. Quelle est cette manière ? SOCRATE. Je ne saurais trouver précisément les mots dont j’aurais besoin ; mais, autant que je le puis, j’essaierai de tracer la marche qu’il faut suivre dans un traité rédigé avec art. PHÈDRE. Parle donc. SOCRATE. La vertu du discours étant d’entraîner les âmes, [271d] celui qui veut devenir orateur doit savoir combien il y a d’espèces d’âmes. Elles sont en certain nombre, et elles ont certaines qualités par lesquelles elles diffèrent les unes des autres. Cette division établie, on distingue certaines espèces de discours qui ont certaines qualités. Or, on persuade aisément à telles ou telles âmes telle ou telle chose par tels discours, pour tels motifs, tandis qu’à telles autres il est difficile de persuader telle ou telle chose. Il faut que l’orateur suffisamment instruit de tous ces détails puisse ensuite les retrouver dans toutes les actions, dans toutes les circonstances de la vie, et les y démêler [271e] d’un coup d’œil rapide, ou bien il doit se résoudre à n’en savoir jamais plus que ce qu’il a appris de ses maîtres, lorsqu’il suivait leurs leçons. Quand il sera capable de dire quels discours peuvent opérer la conviction et sur qui, et que, rencontrant un individu, il pourra le pénétrer soudain et se dire à soi-même,

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