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Plato
Socrates in Plato’s Protagoras Passage 355
Passage 47 of 54
Canonical reference 355
Ancient Greek
perseus-plato-protagoras-grc
ΣΩ. ἀλλʼ ἔτι καὶ νῦν ἀναθέσθαι ἔξεστιν, εἴ πῃ ἔχετε ἄλλο τι φάναι εἶναι τὸ ἀγαθὸν ἢ τὴν ἡδονήν, ἢ τὸ κακὸν ἄλλο τι ἢ τὴν ἀνίαν· ἢ ἀρκεῖ ὑμῖν τὸ ἡδέως καταβιῶναι τὸν βίον ἄνευ λυπῶν; εἰ δὲ ἀρκεῖ καὶ μὴ ἔχετε μηδὲν ἄλλο φάναι εἶναι ἀγαθὸν ἢ κακὸν ὃ μὴ εἰς ταῦτα τελευτᾷ, τὸ μετὰ τοῦτο ἀκούετε. φημὶ γὰρ ὑμῖν τούτου οὕτως ἔχοντος γελοῖον τὸν λόγον γίγνεσθαι, ὅταν λέγητε ὅτι πολλάκις γιγνώσκων τὰ κακὰ ἄνθρωπος ὅτι κακά ἐστιν, ὅμως πράττει αὐτά, ἐξὸν μὴ πράττειν, ὑπὸ τῶν ἡδονῶν ἀγόμενος καὶ ἐκπληττόμενος· καὶ αὖθις αὖ λέγετε ὅτι γιγνώσκων ὁ ἄνθρωπος τἀγαθὰ πράττειν οὐκ ἐθέλει διὰ τὰς παραχρῆμα ἡδονάς, ὑπὸ τούτων ἡττώμενος. ὡς δὲ ταῦτα γελοῖά ἐστιν, κατάδηλον ἔσται, ἐὰν μὴ πολλοῖς ὀνόμασι χρώμεθα ἅμα, ἡδεῖ τε καὶ ἀνιαρῷ καὶ ἀγαθῷ καὶ κακῷ, ἀλλʼ ἐπειδὴ δύο ἐφάνη ταῦτα, δυοῖν καὶ ὀνόμασιν προσαγορεύωμεν αὐτά, πρῶτον μὲν ἀγαθῷ καὶ κακῷ, ἔπειτα αὖθις ἡδεῖ τε καὶ ἀνιαρῷ. θέμενοι δὴ οὕτω λέγωμεν ὅτι Γιγνώσκων ὁ ἄνθρωπος τὰ κακὰ ὅτι κακά ἐστιν, ὅμως αὐτὰ ποιεῖ. ἐὰν οὖν τις ἡμᾶς ἔρηται, διὰ τί; Ἡττώμενος, φήσομεν· ὑπὸ τοῦ; ἐκεῖνος ἐρήσεται ἡμᾶς· ἡμῖν δὲ ὑπὸ μὲν ἡδονῆς οὐκέτι ἔξεστιν εἰπεῖν - ἄλλο γὰρ ὄνομα μετείληφεν ἀντὶ τῆς ἡδονῆς τὸ ἀγαθόν - ἐκείνῳ δὴ ἀποκρινώμεθα καὶ λέγωμεν ὅτι Ἡττώμενος - ὑπὸ τίνος; φήσει. τοῦ ἀγαθοῦ, φήσομεν νὴ Δία. ἂν οὖν τύχῃ ὁ ἐρόμενος ἡμᾶς ὑβριστὴς ὤν, γελάσεται καὶ ἐρεῖ· ἦ γελοῖον λέγετε πρᾶγμα, εἰ πράττει τις κακά, γιγνώσκων ὅτι κακά ἐστιν, οὐ δέον αὐτὸν πράττειν, ἡττώμενος ὑπὸ τῶν ἀγαθῶν. ἆρα, φήσει, οὐκ ἀξίων ὄντων νικᾶν ἐν ὑμῖν τῶν ἀγαθῶν τὰ κακά, ἢ ἀξίων; φήσομεν δῆλον ὅτι ἀποκρινόμενοι, ὅτι οὐκ ἀξίων ὄντων· οὐ γὰρ ἂν ἐξημάρτανεν ὅν φαμεν ἥττω εἶναι τῶν ἡδονῶν. κατὰ τί δέ, φήσει ἴσως, ἀνάξιά ἐστιν τἀγαθὰ τῶν κακῶν ἢ τὰ κακὰ τῶν ἀγαθῶν; ἢ κατʼ ἄλλο τι ἢ ὅταν τὰ μὲν μείζω, τὰ δὲ σμικρότερα ᾖ; ἢ πλείω, τὰ δὲ ἐλάττω ᾖ; οὐχ ἕξομεν εἰπεῖν ἄλλο ἢ τοῦτο. δῆλον ἄρα, φήσει, ὅτι τὸ ἡττᾶσθαι τοῦτο λέγετε, ἀντὶ ἐλαττόνων ἀγαθῶν μείζω κακὰ λαμβάνειν. ταῦτα μὲν οὖν οὕτω.
English
Benjamin Jowett · perseus-plato-protagoras-en
Soc. But it is still quite possible to retract, if you can somehow contrive to say that the good is different from pleasure, or the bad from pain. Is it enough for you to live out your life pleasantly, without pain? If it is, and you are unable to tell us of any other good or evil that does not end in pleasure or pain, listen to what I have to say next. I tell you that if this is so, the argument becomes absurd, when you say that it is often the case that a man, knowing the evil to be evil, nevertheless commits it, when he might avoid it, because he is driven and dazed by his pleasures; while on the other hand you say that a man, knowing the good, refuses to do good because of the momentary pleasures by which he is overcome. The absurdity of all this will be manifest if we refrain from using a number of terms at once, such as pleasant, painful, good, and bad; and as there appeared to be two things, let us call them by two names - first, good and evil, and then later on, pleasant and painful. Let us then lay it down as our statement, that a man does evil in spite of knowing the evil of it. Now if someone asks us: Why? we shall answer: Because he is overcome. By what? the questioner will ask us and this time we shall be unable to reply: By pleasure - for this has exchanged its name for the good. So we must answer only with the words: Because he is overcome. By what? says the questioner. The good - must surely be our reply. Now if our questioner chance to be an arrogant person he will laugh and exclaim: What a ridiculous statement, that a man does evil, knowing it to be evil, and not having to do it, because he is overcome by the good! Is this, he will ask, because the good is not worthy of conquering the evil in you, or because it is worthy? Clearly we must reply: Because it is not worthy; otherwise he whom we speak of as overcome by pleasures would not have offended. But in what sense, he might ask us, is the good unworthy of the bad, or the bad of the good? This can only be when the one is greater and the other smaller, or when there are more on the one side and fewer on the other. We shall not find any other reason to give; So it is clear, he will say, that by being overcome you mean getting the greater evil in exchange for the lesser good. That must be agreed.
French
Victor Cousin · wikisource-cousin-protagoras-fr-01
[355a] au cas que vous appeliez bien quelque autre chose que le plaisir, et mal quelque autre chose que la douleur. Êtes-vous contiens, pourvu que vous passiez votre vie dans le plaisir, exempts de toute douleur ? Et si cela vous suffit, s’il n’est aucune chose que vous puissiez dire bonne ou mauvaise, qui ne se termine au plaisir ou à la douleur, écoutez ce qui suit. Car, si cela est ainsi, je soutiens qu’il est tout-à-fait ridicule de dire, comme vous faites, que souvent un homme qui connaît qu’une action est mauvaise, quoiqu’il puisse s’empêcher de la faire, la fait cependant, [355b] étant entraîné et comme étourdi par le plaisir ; et encore qu’un homme, connaissant le bien, ne veut pas le faire, à cause du plaisir présent auquel il succombe. Vous verrez plus clairement combien ce discours est ridicule, si nous n’employons pas plusieurs noms, tels que ceux d’agréable et de désagréable, de bon et de mauvais, et si, comme nous avons vu qu’il n’y a que deux choses, nous ne nous servons aussi que de deux noms pour les exprimer : d’abord de ceux de bon et de mauvais ; ensuite, de ceux d’agréable et [355c] de désagréable. Cela posé, disons qu’un homme, connaissant pour mauvais ce qui est mauvais, ne laisse pas de le faire. Si quelqu’un nous demande pourquoi, nous répondrons que c’est parce qu’il est vaincu. Par quoi ? nous dira-t-il. Il ne nous est plus permis de dire que c’est par le plaisir, puisqu’à la place du nom de plaisir nous avons substitué celui de bien. Répondons-lui donc, et disons que c’est parce qu’il est vaincu. Par quoi ? répliquera-t-il. Par le bien, dirons-nous. Si celui qui nous interroge est un railleur, il se moquera de nous, [355d] et nous dira : En vérité, vous avancez là une chose bien absurde, qu’un homme qui sait que ce qu’il va faire est mauvais, le fasse lorsque rien ne l’y oblige, et cela vaincu par le bien. Quoi donc ! poursuivra-t-il, les biens ne méritent-ils pas de l’emporter dans votre estime sur les maux, ou le méritent-ils ? Nous répondrons sans doute qu’ils ne le méritent pas ; autrement celui que nous disons s’être laissé vaincre par le plaisir, ne serait coupable d’aucune faute. Par quelle raison, continuera-t-il peut-être, les biens ne doivent-ils pas l’emporter sur les maux, ou les maux sur les biens, sinon parce que les uns sont plus grands, les autres [355e] plus petits, ou les uns en plus grande, les autres en moindre quantité ? Nous n’aurons certainement d’autre raison à alléguer que celle-là. Il est donc évident, conclura-t-il, que se laisser vaincre par le plaisir n’est autre chose que choisir des maux plus grands à la place de biens plus petits. En voilà assez sur ce point. Appliquons présentement aux mêmes objets les noms d’agréable et de désagréable. Et au lieu que nous disions tout-à-l’heure qu’un homme fait ce qui est mauvais, disons ici qu’il fait ce qui est désagréable, quoiqu’il le connaisse pour tel, parce qu’il se laisse vaincre
Concepts in this passage
Anger
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Care of the soul
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Elenchus
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Family
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Fortune
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Messiah
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Pleasure
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Sin
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Time
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Truth
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