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Plutarch

On Moral Virtue Section 8

Section 8 of 12

Canonical reference 8

Ancient Greek

οὐ μόνον τοίνυν ἀπὸ τῆς μάχης ἀλλʼ οὐδὲν ἧττον ἀπὸ τῆς ἀκολουθίας κατίδοι τις ἂν τὴν παθητικὴν ἀρχὴν τῆς λογικῆς οὖσαν ἑτέραν. ἐπεὶ γὰρ ἔστι μὲν ἐρᾶν εὐφυοῦς πρὸς ἀρετὴν καὶ γενναίου παιδὸς ἔστι δὲ φαύλου καὶ ἀκολάστου, συμβαίνει δὲ θυμῷ χρῆσθαι μὲν ἀλόγως πρὸς παῖδας αὑτοῦ καὶ γονεῖς χρῆσθαι δʼ ὑπὲρ γονέων καὶ παίδων δικαίως πρὸς πολεμίους καὶ τυράννους· ὥσπερ ἐκεῖ μάχης καὶ διαφορᾶς τοῦ πάθους πρὸς τὸν λογισμὸν αἴσθησις ἔστιν, οὕτως ἐνταῦθα πειθοῦς καὶ ἀκολουθίας, οἷον ἐπιρρέποντος καὶ συνεπιδιδόντος. ἔτι τοίνυν καὶ γυναῖκα γήμας κατὰ νόμους ἀνὴρ ἐπιεικὴς διανοεῖται περιέπειν καὶ συνεῖναι δικαίως καὶ σωφρόνως, χρόνῳ δὲ τῆς συνηθείας ἐντεκούσης πάθος αἰσθάνεται τῷ λογισμῷ τὸ φιλεῖν καὶ τὸ ἀγαπᾶν ἐπιτεινόμενον ὥσπερ αὖ καὶ νέοι διδασκάλοις ἐπιτυχόντες ἀστείοις ὑπὸ χρείας τὸ πρῶτον ἕπονται καὶ ζηλοῦσιν, ὕστερον δὲ καὶ φιλοῦσιν ἀντὶ γνωρίμων καὶ μαθητῶν ἐρασταὶ καλούμενοι καὶ ὄντες. τὸ δʼ αὐτὸ συμβαίνει καὶ πρὸς ἄρχοντας ἐν πόλεσι χρηστοὺς καὶ γείτονας καὶ κηδεστάς· ἀρξάμενοι γὰρ ὑπὸ χρείας τινὸς καθηκόντως ἀλλήλοις ὁμιλεῖν, ἔπειτα λανθάνουσιν εἰς τὸ φιλεῖν ὑποφερόμενοι, συνεπισπασαμένου τοῦ λογισμοῦ καὶ συναναπείσαντος τὸ παθητικόν. ὁ δʼ εἰπών αἰδώς τε· δισσαὶ δʼ εἰσίν, ἡ μὲν οὐ κακὴ ἡ δʼ ἄχθος οἴκων· ἆρʼ οὐ δῆλός ἐστι συνῃσθημένος; ἐν ἑαυτῷ τοῦτο τὸ πάθος πολλάκις μὲν ἀκολουθοῦν τῷ λόγῳ καὶ συγκατακοσμούμενον, πολλάκις δὲ παρὰ τὸν λόγον ὄκνοις καὶ μελλήσεσι καιροὺς καὶ πράγματα λυμαινόμενον;

English

Matthew Morgan, 1874

And not only from their contests, but no less also from the consequences that follow thereupon, may one clearly enough discern the source and original of the passions to be different from that of reason. For since a man may set his affection upon an ingenuous and virtuously disposed child, and no less also upon one that is naughty and dissolute, and since also one may have unreasonable and indecent transports of anger against his children or his parents, and on the contrary, may justly and unblamably be angry in their defence against their enemies and tyrants; as in the one case there is perceived a struggle and dispute of the passions against reason, so in the other may be seen a ready submission and agreement of them, running to its assistance, and lending as it were their helping hand. To illustrate this with a familiar example, - after a good man has in obedience to the laws married a convenient wife, he then in the first place comes to a resolution of conversing and cohabiting with her wisely and honestly, and of making at least a civil husband; but in process of time, custom and constant familiarity having bred within him a true passion for her, he sensibly finds that upon principles of reason his affection’ and love for her are every day more and more improved and grow upon him. So in like manner, young men having met with kind and gentle masters, to guide and inform their minds in the study of philosophy and sciences, make use of them at first for instruction only and information, but afterwards come to have such an affection for them, that from familiar companions and scholars they become their lovers and admirers, and are so accounted. And the same happens also to most men, with respect to good magistrates in the commonwealth, to their neighbors, and to their kindred; for, beginning an acquaintance upon necessity and interest, for the exchange of the common offices of intercourse and commerce with one another, they do afterwards by degrees, ere they are aware, grow to have a love and friendship for them; reason in such and the like cases having over-persuaded and even compelled the passions to take delight in and pursue what it before had approved of and consented to. As for the poet who said, Of modesty two kinds there be; The one we cannot blame, The other troubleth many a house, And doth decay the same; doth he not plainly hereby intimate, that he had oftentimes found by experience that this affection of the mind, by a sheepish, shamefaced backwardness, and by foolishly bashful delays against all reason, had lost him the opportunities and seasons of making his fortune, and hindered and disappointed many brave actions and noble enterprises?

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-13

Et ce n’est pas seulement par leurs conflits, mais tout autant par les conséquences qui en découlent, que l’on peut discerner assez clairement que la source et l’origine des passions diffèrent de celles de la raison. Un homme peut en effet prendre en affection un enfant de bonne naissance et de disposition vertueuse, mais aussi un enfant méchant et dissolu. Il peut également éprouver contre ses enfants ou ses parents des transports de colère déraisonnables et indécents et, au contraire, s’irriter justement et sans encourir de blâme pour les défendre contre leurs ennemis et leurs tyrans. De même que, dans le premier cas, on perçoit une lutte et un conflit des passions contre la raison, de même, dans l’autre, peut-on voir leur prompte soumission et leur accord, lorsqu’elles accourent à son aide et lui prêtent pour ainsi dire main-forte. Illustrons cela par un exemple familier. Après qu’un homme de bien, obéissant aux lois, a épousé une femme qui lui convient, il prend d’abord la résolution de vivre et de s’entretenir avec elle d’une manière sage et honnête, et d’être au moins un mari convenable. Mais, avec le temps, l’habitude et une familiarité constante ayant fait naître en lui une véritable passion pour elle, il constate sensiblement que, conformément aux principes de la raison, son affection et son amour pour elle s’améliorent et grandissent de jour en jour. De la même manière, de jeunes gens qui ont rencontré des maîtres bienveillants et doux pour guider et former leur esprit dans l’étude de la philosophie et des sciences ne font d’abord appel à eux que pour recevoir instruction et connaissance; mais ils en viennent ensuite à leur porter une telle affection que, de familiers compagnons et disciples, ils deviennent leurs amants et leurs admirateurs, et sont tenus pour tels. La même chose arrive aussi à la plupart des hommes à l’égard des bons magistrats de la cité, de leurs voisins et de leurs parents. Ils nouent d’abord connaissance par nécessité et par intérêt, afin d’échanger les services ordinaires qu’exigent les relations et le commerce entre les hommes; puis, peu à peu et sans s’en apercevoir, ils en viennent à les aimer et à se lier d’amitié avec eux. Dans ces cas et d’autres semblables, la raison a persuadé et même contraint les passions à prendre plaisir à ce qu’elle avait auparavant approuvé et accepté, et à le poursuivre. Quant au poète qui a dit: «Il est deux sortes de pudeur: l’une, nous ne pouvons la blâmer; l’autre met bien des maisons en peine et les mène à leur ruine», n’indique-t-il pas clairement par là qu’il avait souvent constaté par expérience que cette affection de l’esprit lui avait fait perdre, par une réserve timide et honteuse et par des délais sottement embarrassés, contre toute raison, les occasions et les moments favorables de faire fortune, et qu’elle avait entravé et fait échouer maintes actions courageuses et nobles entreprises?

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