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Seneca

On Benefits Chapter 23

Chapter 111 of 228

Canonical reference 4.23

Latin

Perseus canonical Latin TEI

Num dubium est, quin hoc humani generis domicilium circumitus solis ac lunae vicibus suis temperet ? Quin alterius calore alantur corpora, terrae relaxentur, immodici umores comprimantur, adligantis omnia hiemis tristitia frangatur, alterius tepore efficaci et penetrabili regatur maturitas frugum ? Quin ad huius cursum fecunditas humana respondeat? Quin ille annum observabilem fecerit circumactu suo, haec mensem minoribus se spatiis flectens ? Ut tamen detrahas ista, non erat ipse sol idoneum oculis spectaculum dignusque adorari, si tantum praeteriret? Non erat digna suspectu luna, etiam si otiosum sidus transcurreret ? Ipse mundus, quotiens per noctem ignes suos fudit et tantum stellarum innumerabilium refulsit, quem non intentum in se tenet ? Quis sibi illa tunc, cum miratur, prodesse cogitat ? Adspice ista tanto superne coetu labentia, quemadmodum velocitatem suam sub specie stantis atque immoti operis abscondant. Quantum ista nocte, quam tu in numerum ac discrimen dierum observas, agitur ! Quanta rerum turba sub hoc silentio evolvitur ! Quantam fatorum seriem certus limes educit ! Ista, quae tu non aliter, quam in decorem sparsa consideras, singula in opere sunt. Nec enim est, quod existimes septem sola discurrere, cetera haerere ; paucorum motus comprehendimus, innumerabiles vero longiusque a conspectu seducti di eunt redeuntque, et ex his, qui oculos nostros patiuntur, plerique obscuro gradu pergunt et per occultum aguntur.

English

Aubrey Stewart · On Benefits (1887)

Can we doubt that the climate of this abode of the human race is regulated by the motion of the sun and moon in their orbits? that our bodies are sustained, the hard earth loosened, excessive moisture reduced, and the surly bonds of winter broken by the heat of the one, and that crops are brought to ripeness by the effectual all-pervading warmth of the other? that the fertility of the human race corresponds to the courses of the moon? that the sun by its revolution marks out the year, and that the moon, moving in a smaller orbit, marks out the months? Yet, setting aside all this, would not the sun be a sight worthy to be contemplated and worshipped, if he did no more than rise and set? would not the moon be worth looking at, even if it passed uselessly through the heavens? Whose attention is not arrested by the universe itself, when by night it pours forth its fires and glitters with innumerable stars? Who, while he admires them, thinks of their being of use to him? Look at that great company gliding over our heads, how they conceal their swift motion under the semblance of a fixed and immovable work. How much takes place in that night which you make use of merely to mark and count your days! What a mass of events is being prepared in that silence! What a chain of destiny their unerring path is forming! Those which you imagine to be merely strewn about for ornament are really one and all at work. Nor is there any ground for your belief that only seven stars revolve, and that the rest remain still: we understand the orbits of a few, but countless divinities, further removed from our sight, come and go; while the greater part of those whom our sight reaches move in a mysterious manner and by an unknown path.

French

Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)

Il ne s’ensuit pas qu’une chose cesse d’être en elle-même désirable, parce que du dehors un bénéfice quelconque vient s’y joindre. Presque toujours les plus belles vertus sont accompagnées d’avantages nombreux, mais tout accessoires, qu’elles traînent après elles, qu’elles ont précédés. Qui doute que les révolutions périodiques du soleil et de la lune n’agissent sur ce globe, domicile du genre humain ; que l’un, par sa chaleur, n’entretienne la vie des corps, ne dilate le sein de la terre, n’arrête l’envahissement de l’élément humide, ne brise les entraves dont le triste hiver enchaîne la nature ; que l’autre, par ses tièdes et pénétrantes rosées, ne hâte efficacement la maturité des fruits : que la fécondité de notre race ne corresponde à ses phases diverses ; que le soleil, dans son cours circulaire, ne nous donne une mesure pour l’année, et la lune pour le mois, dans la sphère moindre qu’elle décrit ? Eh bien, sans tenir compte de tout cela, le soleil par lui-même ne serait-il pas un spectacle assez beau pour nos yeux et assez digne de nos hommages, quand il ne ferait que passer sur nos têtes ? La lune ne mériterait-elle pas notre admiration, quand elle traverserait l’espace dépourvue d’influence ? Et la voûte céleste, lorsque la nuit elle étale ses feux et s’illumine de ses innombrables étoiles, quel est l’homme dont elle ne captive l’attention ? Et qui, en l’admirant, songe à son utilité ? Regarde glisser dans leur muette harmonie tous ces astres, qui sous l’apparence du repos, et comme d’immobiles ouvriers, nous dérobent leur vitesse. Que de faits s’accomplissent dans cette nuit que tu observes, toi, pour distinguer et calculer tes jours ! Quel nombre infini de choses se déroule sous ce silence ! Quel enchaînement de destinées fatalement tracées dans ces lignes de feu ! Ces globes, que tu considères comme semés pour l’ornement, travaillent chacun à leur tâche. Car ne crois pas qu’il n’y en ait que sept qui cheminent, et que le reste demeure fixe. Si les mouvements de quelques-uns nous sont perceptibles, des dieux innombrables, par delà toute portée de nos yeux, et à l’écart des autres, vont et reviennent sans cesse. Et parmi ceux qui veulent bien souffrir nos regards, la plupart vont d’un pas inaperçu et suivent leur marche mystérieuse. Eh bien ! n’es-tu donc pas saisi par l’aspect d’un si vaste ensemble, quand même tu n’y verrais point ton guide, ton protecteur, le foyer de la chaleur et de l’être, le souffle qui te pénètre tout entier ?

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