Public domain The work and displayed translations are recorded as public domain or from an open transcription.

Seneca

On Anger Chapter 27

Chapter 48 of 100

Canonical reference 2.27

Latin

Perseus canonical Latin TEI

Quaedam sunt quae nocere non possunt nullamque vim nisi beneficam et salutarem habent, ut di immortales , qui nec volunt obesse nec possunt ; natura enim illis mitis et placida est, tam longe remota ab aliena iniuria quam a sua. Dementes itaque et ignari veritatis illis imputant saevitiam maris, immodicos imbres, pertinaciam hiemis, cum interim nihil horum quae nobis nocent prosuntque ad nos proprie derigatur. Non enim nos causa mundo sumus hiemem aestatemque referendi; suas ista leges habent, quibus divina exercentur. Nimis nos suspicimus, si digni nobis videmur propter quos tanta moveantur. Nihil ergo horum in nostram iniuriam fit, immo contra nihil non ad salutem. Quaedam esse diximus quae nocere non possint, quaedam quae nolint. In iis erunt boni magistratus parentesque et praeceptores et iudices, quorum castigatio sic accipienda est quomodo scalpellum et abstinentia et alia quae profutura torquent. Affecti sumus poena ; succurrat non tantum quid patiamur, sed quid fecerimus, in consilium de vita nostra mittamur ; si modo verum ipsi nobis dicere voluerimus, pluris litem nostram aestimabimus.

English

Aubrey Stewart · Minor Dialogues Together with the Dialogue on Clemency (1889)

There are some things which are unable to hurt us, and whose power is exclusively beneficial and salutary, as, for example, the immortal gods, who neither wish nor are able to do harm: for their temperament is naturally gentle and tranquil, and no more likely to wrong others than to wrong themselves. Foolish people who know not the truth hold them answerable for storms at sea, excessive rain, and long winters, whereas all the while these phenomena by which we suffer or profit take place without any reference whatever to us: it is not for our sake that the universe causes summer and winter to succeed one another; these have a law of their own, according to which their divine functions are performed. We think too much of ourselves, when we imagine that we are worthy to have such prodigious revolutions effected for our sake: so, then, none of these things take place in order to do us an injury, nay, on the contrary, they all tend to our benefit. I have said that there are some things which cannot hurt us, and some which would not. To the latter class belong good men in authority, good parents, teachers, and judges whose punishments ought to be submitted to by us in the same spirit in which we undergo the surgeon’s knife, abstinence from food, and such like things which hurt us for our benefit. Suppose that we are being punished; let us think not only of what we suffer, but of what we have done: let us sit in judgement on our past life. Provided we are willing to tell ourselves the truth, we shall certainly decide that our crimes deserve a harder measure than they have received.

French

Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)

Si dans tous les cas la colère est peu sage, elle ne l’est pas plus contre des enfants ou contre ces esprits que leur faiblesse rapproche de l’enfance. Toutes leurs fautes, auprès d’un juge équitable, deviennent innocentes par l’absence de discernement. Il est des êtres qui, impuissants pour nuire, n’ont jamais qu’une action bienfaisante et salutaire ; tels sont les dieux immortels qui ne peuvent ni ne veulent le mal. Leur nature est douce et pacifique, aussi éloignée de faire l’injure que de la recevoir. Les insensés et les ignorants leur imputent les tempêtes de la mer, les pluies excessives, les hivers persistants, tandis que nul de ces phénomènes, heureux ou funestes, ne s’opère directement en vue de l’homme. Ce n’est point pour nous qu’a lieu dans le monde le retour périodique de l’hiver et de l’été ; tout s’exécute d’après les lois qui gouvernent les choses célestes. C’est trop présumer de soi que de se croire digne d’être l’objet de ces grands mouvements . Non, rien de tout cela ne se fait contre nous ; bien au contraire, tout cela concourt à notre conservation. Nous avons dit que la puissance de nuire manque à certains êtres, que d’autres n’en ont pas la volonté. Parmi ceux-ci seront les bons magistrats, les pères, les instituteurs, les juges, dont il faut recevoir les châtiments comme on subit le scalpel, la diète et toute autre rigueur salutaire. Sommes-nous punis ? songeons non pas à la punition seule, mais à ce que nous avons fait : ouvrons un interrogatoire sur notre conduite ; si nous voulons nous dire la vérité, nous jugerons la réparation inférieure au délit. Si nous voulons apprécier justement toutes choses, persuadons-nous bien d’abord que nul de nous n’est sans reproche. Car voici d’où viennent nos indignations les plus vives : « Je n’ai point failli ; je n’ai rien fait, » disons-nous ; c’est-à-dire que nous ne convenons de rien. Toute réprimande, toute correction nous exaspère ; et alors même à nos premières fautes nous ajoutons, nouveaux méfaits, l’orgueil et la rébellion. Quel est celui qui ose dire qu’il n’a failli contre aucune loi ? Quand il dirait vrai, quelle étroite vertu qu’une vertu légale ! Combien plus loin s’étend la règle du devoir que celle du droit ? Que de choses la piété, l’humanité, la bienfaisance, la justice et l’honneur exigent, dont nulle n’est gravée aux tables de la loi !

Concepts in this passage

Before reading

What you will learn

Open the full record