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Seneca

Natural Questions Chapter 2

Chapter 139 of 201

Canonical reference 6.2

Latin

Latin Wikisource transcription (edition not asserted)

Quid ago? Solacium aduersus pericula rara promiseram: ecce undique timenda denuntio, nego quicquam esse quietis aeternae, quod perire possit et perdere. Ego uero hoc ipsum solacii loco pono et quidem ualentissimi, quando quidem sine remedio timor stultis est: ratio terrorem prudentibus excutit; imperitis magna fit ex desperatione securitas. Hoc itaque generi humano dictum puta quod illis subita captiuitate inter ignes et hostem stupentibus dictum est: "una salus uictis nulllam sperare salutem." ; circumspicite quam leuibus causis discutiamur: non cibus nobis, non umor, non uigilia, non somnus sine mensura quadam salubria sunt; iam intellegetis nugatoria esse nos et imbecilla corpuscula, fluida, non magna molitione perdenda. Sine dubio id unum periculi nobis est quod tremunt terrae, quod subito dissipantur ac superposita deducunt! Magni se aestimat qui fulmina et motus terrarum hiatusque formidat. Uult ille imbecillitatis sibi suae conscius timere pituitam? Ita uidelicet nati sumus, tam felicia sortiti membra, in hanc magnitudinem creuimus! Et ob hoc, nisi mundi partibus motis, nisi caelum intonuerit, nisi terra subsederit, perire non possumus! Unguiculi nos et ne totius quidem dolor sed aliqua ab latere eius scissura conficit! Et ego timeam terras trementes, quem crassior saliua suffocat? Ego extimescam emotum sedibus suis mare, et ne aestus maiore quam solet cursu plus aquarum trahens superueniat, cum quosdam strangulauerit potio male lapsa per fauces? Quam stultum est mare horrere, cum scias stillicidio perire te posse! Nullum maius solacium est mortis quam ipsa mortalitas, nullum autem omnium istorum quae extrinsecus terrent quam quod innumerabilia pericula in ipso sinu sunt. Quid enim dementius quam ad tonitrua succidere et sub terram correpere fulminum metu? Quid stultius quam timere nutationem terrae aut subitos montium lapsus et irruptiones maris extra litus eiecti, cum mors ubique praesto sit et undique occurrat nihilque sit tam exiguum quod non in perniciem generis humani satis ualeat? Adeo non debent nos ista confundere, tamquam plus in se mali habeant quam uulgaris mors, ut contra, cum sit necessarium e uita exire et aliquando emittere animam, maiore perire ratione iuuet. Necesse est mori ubicumque, quandoque: stet licet ista humus et se teneat suis finibus nec ulla iactetur iniuria, supra me quandoque erit. Quid interest, ego illam mihi an ipsa se mihi imponat? Diducitur et ingenti potentia nescio cuius mali rumpitur et me in immensam altitudinem abducit; quid porro? Mors leuior in plano est? Quid habeo quod querar, si rerum natura me non uult iacere ignobili leto, si mihi inicit sui partem? Egregie Uagellius meus in illo inclito carmine: "Si cadendum est", inquit, "e caelo cecidisse uelim". Idem licet dicere: si cadendum est, cadam orbe concusso, non quia fas est optare publicam cladem, sed quia ingens mortis solacium est terram quoque uidere mortalem.

French

Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)

Mais que fais-je ? J’avais promis de rassurer contre le péril, et je signale partout des sujets d’alarme. J’annonce que rien n’est éternellement calme : tout peut périr et donner la mort. Eh bien ! cela même est un motif de nous rassurer, motif le plus puissant de tous ; car enfin, où le mal est sans remède, la crainte est une folie. La raison guérit les sages de la peur ; les autres doivent au désespoir leur profonde insouciance. C’est pour le genre humain, crois-moi, que s'est dit le mot adressé à ces hommes qui, pris tout à coup entre l’incendie et l’ennemi, restaient frappés de stupeur : Le salut des vaincus est de n’en plus attendre . Voulez-vous ne plus craindre rien, songez que vous avez tout à craindre . Jetez les yeux autour de vous : qu’il faut peu de chose pour vous briser ! Ni le manger, ni le boire, ni la veille, ni le sommeil ne sont salutaires que dans une certaine mesure. Ne sentez-vous pas que nos corps, jouets de l’extérieur, ne sont que faiblesse et fragilité ; que le moindre effort les détruit ? N’y a-t-il en vérité chance suffisante de mort, que si la terre tremble et tout à coup s’effondre, entraînant ce qui couvre sa surface ? C’est prendre une haute idée de son être, que de craindre plus que tout le reste la foudre, les secousses du globe et ses déchirements : aie donc conscience de ta faiblesse, ô homme ! crains plutôt la pituite. Sommes-nous donc si heureusement nés, doués de membres si robustes et d’une si gigantesque taille, que nous ne puissions périr si le monde ne s’ébranle, si le ciel ne lance son tonnerre, si la terre ne fond sous nos pieds ? Un mal au plus petit de nos ongles, pas même à l’ongle tout entier, rien qu’une déchirure partielle nous tue ; et je craindrais les tremblements du sol, moi qu’un flegme peut étouffer ! J’aurais grand’peur que la mer ne sortit de son lit ; que le flux, plus impétueux que de coutume, ne poussât une plus grande masse d’eau sur la côte, quand on a vu des hommes suffoqués par un breuvage avalé de travers ! Insensé, que la mer épouvante, tu sais qu’une goutte d’eau peut te faire périr ! La grande consolation de la mort est dans la nécessité même de mourir, et rien n’affermit contre toutes les menaces du dehors comme l’idée des dangers sans nombre qui couvent dans notre propre sein. Qu’y a-t-il de moins sage que de défaillir au bruit du tonnerre ; que d’aller rampant sous la terre pour se dérober à ses coups ; que d’appréhender les oscillations ou la chute soudaine des montagnes, les irruptions de la mer jetée hors de ses limites, quand la mort est partout présente et arrive de toutes parts quand tel atome, des plus imperceptibles, porte en soi de quoi perdre le genre humain ? Loin que ces malheurs doivent nous consterner, comme plus terribles en eux-mêmes qu’une fin ordinaire, tout au contraire, puisqu’il faut sortir de la vie, et que notre âme un jour nous quittera, soyons fiers de périr dans ces crises solennelles . Il faut mourir dans tel ou tel lieu, plus tôt ou plus tard. Cette terre dût-elle demeurer ferme, ne rien perdre de ses limites, n’être bouleversée par aucun fléau, elle n’en sera pas moins un jour sur ma tête. Qu’importe donc qu’on la jette sur moi, ou qu’elle s’y jette d’elle-même ? Déchirés par je ne sais quelle puissance irrésistible et fatale, ses flancs se crèvent et m’entraînent dans d’immenses profondeurs ; eh bien quoi ? La mort est-elle plus légère à sa surface ? Qu’ai-je à me plaindre, si la nature ne veut pas que je repose dans un lieu sans renom, si elle me fait une tombe d’un de ses débris ? C’est une noble pensée que celle de Vagellius dans un poëme bien connu : S’il faut tomber, dit-il, je veux tomber des cieux . De même nous pouvons dire : S’il faut tomber, que ce soit par une secousse du globe ; non que des désastres publics ne soient pas chose impie à souhaiter, mais parce qu’un grand motif de se résigner à la mort, c’est de voir que la terre elle-même est périssable.

English

John Clarke · Physical Science in the Time of Nero (1910)

What am I doing? I had promised to offer comfort in face of danger, and lo! I threaten its terrors on all sides. I tell you that there can be no assured peace in what can suffer or cause destruction. But that very fact I regard as a solace, and, indeed, the most powerful of all. Fear is but folly when there is no escape from it. Philosophy delivers the wise from fear; even the unlearned may derive great confidence from despair. You must, therefore, regard the words addressed to those amazed by sudden captivity amid fire and foe as addressed to the whole human race: The one safety of the conquered is to hope for none. If you wish to fear nothing, think that everything is to be feared; consider by how slight causes our life is dissipated. Neither food nor drink, nor waking nor sleeping, is healthful, except in due measure. One may soon realise that we are but puny, insignificant bodies, weak and unstable, that small effort is needed to compass our destruction. The only sufficiency of danger, doubtless, would be the earth’s trembling, its sudden dissipation, the rending of its surface into chasms! Surely he sets a high value on his life who dreads only lightning, and earthquakes with their yawning abysses; won’t he allow himself to open his eyes to his frailty and be afraid of choking on his phlegm? Such, forsooth, is our constitution by birth, such the powerful frames we have obtained, such the size we have grown to, that we cannot perish unless the four quarters of the world are moved, the heavens thunder, and the earth subside! Why, a pain in a tiny nail, not even the whole nail, but a little ragnail at the side, may finish us! And I must fear only the trembling of the world, when too thick a spittle will choke me! I am to await with dread the removal of the sea from its place, or the overflowing of an abnormal tide with its excess of water; why, some ere now have been strangled by a drink that took a wrong course down the throat! What folly to be afraid of the sea when you know that a single drop may kill you! There is no solace of death greater than the very liability to death, no solace of all the terrors from without equal to the thought that there are countless dangers within our own bosom. What greater madness than to collapse at the sound of thunder, and through fear of lightning to creep under the ground? What greater folly than to stand in fear of the earth’s tottering and the sudden fall of mountains, or inroads of the sea cast up beyond the shore, when death is everywhere present and meets us on every side? Nothing is so small as not to be strong enough to compass the destruction of the human race. Great or unusual dangers ought not to unnerve us, as if they implied more mischief than a common death; nay, rather when one must quit the world and at last resign life, it should be a positive joy to perish by some grand cause. Die we must somewhere, sometime. The ground you tread may stand firm, it may confine itself within its own bounds and not be tossed about by any violence; yet some day I shall be beneath it. Does it really matter, then, whether I place it on myself or itself do? It is rent by the irresistible force of some disaster; it bursts and draws me into its immense depths. What then? Is death easier on the earth’s level surface? What reason for complaint have I if nature will not have me lie in a place unknown to fame? or if she lays on me a portion of herself? My friend, Vagellius, in that famous poem of his, says finely: If fall I must, I should desire to fall from the height of heaven. The name is doubtful, as is, indeed, the quotation also. The sense may be: I would have the heavens fall along with me; this meaning would suit the context better. We may adopt the language. If fall I must, let the earth be shaken at my fall; not that one ought to pray for a public disaster, but it is a great solace of death to see that the earth is likewise subject to death.

Concepts in this passage

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