Public domain The work and displayed translations are recorded as public domain or from an open transcription.

Baruch Spinoza

Ethics, Émile Saisset’s French Translation Section section-0102

Section 102 of 300

Canonical reference section-0102

French

Émile Saisset or Paul Janet

En commençant mon premier point, j’avertis le lecteur de distinguer soigneusement entre une idée ou un concept de l’âme et les images des choses, telles que les forme notre imagination. Il est nécessaire en outre de faire distinction entre les idées et les mots par lesquels nous exprimons les réalités. Car les images, les mots et les idées, voilà trois choses que plusieurs confondent totalement, ou qu’ils ne distinguent pas avec assez de soin ou du moins assez de précaution, et c’est pour cela qu’ils ont complètement ignoré cette théorie de la volonté, si nécessaire à connaître pourtant, soit pour la vérité de la spéculation, soit pour la sagesse de la pratique. Lorsqu’en effet on pense que les idées consistent en images formées dans notre âme par la rencontre des objets corporels, toutes les idées de ces choses dont il est impossible de se représenter une image ne paraissent plus de véritables idées, mais de pures fictions, ouvrage de notre libre volonté. On ne considère ces idées que comme des figures muettes tracées sur un tableau, et la préoccupation produite par ce préjugé empêche de voir que toute idée, en tant qu’idée, enveloppe l’affirmation ou la négation.

De plus ceux qui confondent les mots avec l’idée, ou avec l’affirmation que l’idée enveloppe, croient qu’ils peuvent opposer leur volonté à leur pensées, quand ils n’opposent à leur pensée que des affirmations ou des négations purement verbales.

On se dépouillera aisément de ces préjugés si l’on fait attention à la nature de la pensée qui n’enveloppe nullement le concept de l’étendue ; et alors on comprendra clairement qu’une idée (en tant qu’elle est un mode de la pensée) ne consiste ni dans l’image d’une chose, ni dans des mots. Car ce qui constitue l’essence des mots et des images, ce sont des mouvements corporels, qui n’enveloppent nullement le concept de la pensée.

English AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

In beginning my first point, I warn the reader carefully to distinguish between an idea or concept of the mind and the images of things such as our imagination forms them. It is also necessary to distinguish between ideas and the words by which we express realities. For images, words, and ideas are three things that many people completely confuse, or do not distinguish with sufficient care, or at least sufficient caution; and for this reason they have been wholly ignorant of this theory of the will, though it is so necessary to know, both for the truth of speculation and for wisdom in practice. For when people think that ideas consist of images formed in our mind by the encounter with corporeal objects, all ideas of those things of which it is impossible to represent an image no longer appear to be genuine ideas, but mere fictions, the work of our free will. They regard these ideas only as mute figures traced on a panel, and the preoccupation produced by this prejudice prevents them from seeing that every idea, insofar as it is an idea, involves affirmation or negation.

Moreover, those who confuse words with the idea, or with the affirmation that the idea involves, believe that they can oppose their will to their thoughts, when they oppose to their thought only purely verbal affirmations or negations.

One will easily cast off these prejudices by attending to the nature of thought, which in no way involves the concept of extension; and then one will clearly understand that an idea (insofar as it is a mode of thought) consists neither in the image of a thing nor in words. For what constitutes the essence of words and images is corporeal motions, which in no way involve the concept of thought.

Concepts in this passage

Before reading

What you will learn

Open the full record