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Baruch Spinoza

Ethics, Émile Saisset’s French Translation Section section-0190

Section 190 of 300

Canonical reference section-0190

French

Émile Saisset or Paul Janet

Quant à cette pensée du vulgaire, que la nature est quelquefois en défaut, qu’elle manque son ouvrage et produit des choses imparfaites, je la mets au nombre de ces chimères dont j’ai traité dans l’appendice de la première partie. Ainsi donc la perfection et l’imperfection ne sont véritablement que des façons de penser, des notions que nous sommes accoutumés à nous faire en comparant les uns aux autres les individus d’une même espèce ou d’un même genre, et c’est pour cela que j’ai dit plus haut (Déf. 6, part. 2) que réalités et perfection étaient pour moi la même chose. Nous sommes habitués en effet à rapporter tous les individus de la nature à un seul genre, auquel on donne le nom de généralissime, savoir, la notion de l’être qui embrasse d’une manière absolue tous les individus de la nature. Quand donc nous rapportons les individus de la nature à ce genre unique, et qu’en les comparant les uns aux autres nous reconnaissons que ceux-ci ont plus d’entité ou de réalité que ceux-là, nous disons qu’ils ont plus de perfection ; et quand nous attribuons à certains individus quelque chose qui implique une négation, comme une limite, un terme, une certaine impuissance, etc., nous les appelons imparfaits, par cette seule raison qu’ils n’affectent pas notre âme de la même manière que ceux que nous nommons parfaits ; et ce n’est point à dire pour cela qu’il leur manque quelque chose qui soit compris dans leur nature, ou que la nature ait manqué son ouvrage. Rien en effet ne convient à la nature d’une chose que ce qui résulte nécessairement de la nature de sa cause efficiente, et tout ce qui résulte nécessairement de la nature d’une cause efficiente se produit nécessairement.

English AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

As for the common notion that nature is sometimes at fault, that it fails in its work and produces imperfect things, I number it among those chimeras of which I treated in the Appendix to Part One. Thus perfection and imperfection are truly only ways of thinking, notions which we are accustomed to form by comparing with one another individuals of the same species or genus; and for this reason I said above (Def. 6, Part 2) that reality and perfection were for me the same thing. For we are accustomed to refer all individuals in nature to a single genus, which is called the most general genus, namely, the notion of being, which embraces absolutely all individuals in nature. Therefore, when we refer the individuals in nature to this one genus and, comparing them with one another, recognize that some have more being or reality than others, we say that they have more perfection; and when we attribute to certain individuals something that implies a negation, such as a limit, an end, a certain impotence, etc., we call them imperfect solely because they do not affect our mind in the same way as those we call perfect. This does not mean that they lack something comprehended in their nature, or that nature has failed in its work. For nothing belongs to the nature of a thing except what follows necessarily from the nature of its efficient cause, and everything that follows necessarily from the nature of an efficient cause necessarily occurs.

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