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Baruch Spinoza

Ethics, Émile Saisset’s French Translation Section section-0240

Section 240 of 300

Canonical reference section-0240

French

Émile Saisset or Paul Janet

Corollaire : Il suit très clairement de cette proposition que les hommes orgueilleux et abjects sont entre les hommes les plus sujets aux passions.

Scholie : Toutefois l’abjection peut se corriger plus aisément que l’orgueil, parce qu’elle est un sentiment de tristesse ; tandis que l’orgueil est un sentiment de joie, et conséquemment cette passion est plus forte que l’autre (par la Propos. 18, part. 4).

L’orgueilleux aime la présence des parasites, des flatteurs, et il déteste celle des gens de cœur.

Démonstration : L’orgueil, c’est la joie d’un homme qui pense de soi plus de bien qu’il n’est juste (par les Déf. 6 et 28 des passions.), et cette opinion de soi-même, l’orgueilleux s’efforce, autant qu’il est en lui, de l’entretenir dans son âme (voyez le Schol. de la Propos. 13, part. 3) ; par conséquent il devra aimer la présence des parasites, des flatteurs (sortes de caractères trop connus pour que je n’en aie point omis la définition), et haïr au contraire celle des gens de cœur qui l’estiment son juste prix. C. Q. F. D.

Scholie : Il serait trop long d’énumérer ici tous les maux qu’entraîne l’orgueil, puisque les orgueilleux sont sujets à toutes les passions, mais à aucune moins qu’à l’amour et à la pitié. Je dois faire remarquer du moins que celui-là aussi est appelé orgueilleux qui pense des autres moins de bien qu’il ne faut ; et dans ce sens l’orgueil peut être défini : un sentiment de joie né d’une fausse opinion qui fait qu’un homme se croit au-dessus de ses semblables. L’abjection, qui est la passion opposée, se définira alors : un sentiment de tristesse né d’une fausse opinion qui fait qu’un homme se croit au-dessous de ses semblables. Cela posé, on conçoit aisément que l’orgueilleux soit nécessairement envieux (voyez le Schol. de la Propos. 55, part. 3) et haïsse surtout ceux qui sont loués pour leurs grandes vertus ; et on comprend aussi que cette haine ne soit pas aisément étouffée par l’amour et par les bienfaits (voyez le Schol. de la Propos. 41, part. 3), et que les hommes de cette espèce ne se plaisent que dans le commerce de ceux qui flattent l’impuissance de leur âme, et d’un sot font bientôt un insensé.

English AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

Corollary: It follows very clearly from this proposition that proud and abject men are, among men, the most subject to passions.

Scholium: Nevertheless, self-abasement can be corrected more easily than pride, because it is a feeling of sadness, whereas pride is a feeling of joy; consequently, the latter passion is stronger than the former (by Prop. 18, part 4).

The proud man loves the presence of parasites and flatterers, and hates that of men of spirit.

Demonstration: Pride is the joy of a man who thinks better of himself than is just (by Defs. 6 and 28 of the passions), and the proud man strives, as far as lies in him, to preserve this opinion of himself in his mind (see the Schol. to Prop. 13, part 3). Consequently, he must love the presence of parasites and flatterers (types of character too well known for me not to have omitted their definition), and conversely hate that of men of spirit who esteem him at his just value. Q.E.D.

Scholium: It would take too long to enumerate here all the evils entailed by pride, since the proud are subject to all passions, but to none less than love and pity. I must at least observe that he too is called proud who thinks less well of others than is proper; and in this sense pride may be defined as a feeling of joy born of a false opinion that causes a man to believe himself above his fellows. Self-abasement, the contrary passion, will then be defined as a feeling of sadness born of a false opinion that causes a man to believe himself beneath his fellows. This being established, we easily conceive that the proud man is necessarily envious (see the Schol. to Prop. 55, part 3) and especially hates those who are praised for their great virtues. We also understand that this hatred is not easily extinguished by love and benefits (see the Schol. to Prop. 41, part 3), and that men of this kind delight only in the company of those who flatter the powerlessness of their minds and soon turn a fool into a madman.

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