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Plutarch

How One May Know One’s Progress in Virtue Section 6

Section 6 of 17

Canonical reference 6

Ancient Greek

ἐπεὶ δʼ οὐ μόνον ἐξ αὑτῶν τὰ κατασείοντα καὶ στρέφοντα πρὸς τοὐναντίον ὑπʼ ἀσθενείας ἐπιγίγνεται τοῖς, φιλοσοφοῦσιν, ἀλλὰ καὶ φίλων συμβουλαὶ μετὰ σπουδῆς καὶ διαφόρων ἀντιλήψεις ἐν γέλωτι καὶ παιδιᾷ γιγνόμεναι κάμπτουσι καὶ μαλάσσουσιν, ἐνίους δὲ καὶ τέλεον ἤδη φιλοσοφίας ἐξέσεισαν, οὐ φαῦλον ἄν τι προκοπῆς εἴη σημεῖον ἡ πρὸς ταῦτα πραότης ἑκάστου καὶ τὸ μὴ ταραττόμενον μηδὲ κνιζόμενον ὑπὸ τῶν λεγόντων καὶ ὀνομαζόντων ἥλικάς τινας ἐν αὐλαῖς βασιλέων εὐημεροῦντας ἢ φερνὰς ἐπὶ γάμοις λαμβάνοντας ἢ κατιόντας ὑπὸ πλήθους εἰς ἀγορὰν ἐπʼ ἀρχήν τινα ἢ συνηγορίαν. ὁ γὰρ ἀνέκπληκτος ἐν τούτοις καὶ ἄτεγκτος ἤδη δῆλός ἐστιν εἰλημμένος ἣν προσήκει λαβὴν ὑπὸ φιλοσοφίας. οὐ γὰρ οἷόν τε παύσασθαι ζηλοῦντας ἅπερ οἱ πολλοὶ θαυμάζουσιν, οἷς ἂν μὴ τὸ θαυμάζειν ἀρετὴν ἐγγένηται. πρὸς μὲν γὰρ ἀνθρώπους θρασύνεσθαι καὶ διʼ ὀργὴν ἐνίοις παρέστη καὶ διὰ παραφροσύνην· ὧν δὲ θαυμάζουσιν ἄνθρωποι πραγμάτων οὐκ ἔστιν ἄνευ φρονήματος ἀληθινοῦ καὶ βεβαίου καταφρονῆσαι. διὸ καὶ ταῦτα παραβάλλοντες ἐκείνοις ἐπιγαυροῦσιν ἑαυτούς, ὥσπερ ὁ Σόλων ἀλλʼ ἡμεῖς αὐτοῖς οὐ διαμειψόμεθα τῆς ἀρετῆς τὸν πλοῦτον, ἐπεὶ τὸ μὲν ἔμπεδον αἰεί, χρήματα δʼ ἀνθρώπων ἄλλοτε ἄλλος ἔχει καὶ Διογένης τὴν εἰς Ἀθήνας ἐκ Κορίνθου καὶ πάλιν εἰς Κόρινθον ἐξ Ἀθηνῶν μετάβασιν ἑαυτοῦ παρέβαλλε ταῖς βασιλέως ἔαρος μὲν ἐν Σούσοις καὶ χειμῶνος ἐν Βαβυλῶνι, θέρους δʼ ἐν Μηδίᾳ διατριβαῖς. καὶ Ἀγησίλαος περὶ τοῦ μεγάλου βασιλέως τί γὰρ ἐμοῦ μείζων ἐκεῖνος, εἰ μὴ καὶ δικαιότερος; ὁ δʼ Ἀριστοτέλης πρὸς Ἀντίπατρον περὶ Ἀλεξάνδρου γράφων ἔφη μὴ μόνον ἐκείνῳ προσήκειν ὅτι πολλῶν κρατεῖ μέγα φρονεῖν, ἀλλʼ οὐδὲν ἧττον εἴ τις ὀρθῶς γιγνώσκει περὶ θεῶν. ὁ δὲ Ζήνων ὁρῶν τὸν Θεόφραστον ἐπὶ τῷ πολλοὺς ἔχειν μαθητὰς θαυμαζόμενον, ὁ κείνου μὲν χορός ἔφη μείζων, οὑμὸς δὲ συμφωνότερος

English

Hugh Todd, 1874

And because scholars do not only fancy to themselves difficulties big enough to divert their weak resolutions, but also often meet with serious persuasions from their friends to leave their studies, and because sometimes such smart jests and drolls are put upon them as have often discouraged, frequently quite converted, the endeavors of some; it may seem to you a very good argument of a proficient, if you find yourself indifferent and unconcerned in that point. As, for example, not to be cut to the heart and repine, when you are told that such and such persons by name, your equals once, live splendidly at court, have married great fortunes, or have appeared publicly at the head of a great many freeholders, that are ready to vote for them for some great office or representative’s place. He that is neither discomposed nor very much affected by such news as this is manifestly in the right, and has philosophy by the surer handle. For it is impossible we should leave admiring things which most men esteem, if the habit of virtue were not deeply rooted in us. To avoid passionately what every one cries down may be in some persons the effect of anger and ignorance; but utterly to despise what is admired abroad is a certain sign of true and solid wisdom and resolution. With what satisfaction and complacency many persons advanced to such a height of virtue compare themselves with others, and break out in these verses of Solon! We will not change Virtue’s immortal crown For a whole mine of gold. Gold is uncertain; but what we possess Is still our own, and never can be less. None can deny but that it was very great in Diogenes to compare his shifting from the city of Corinth to Athens, and from Thebes to Corinth, to the king of Persia’s taking his progress in the spring to Susa, in winter to Babylon, and to Media in summer. Nor was it an argument of a much less spirit in Agesilaus, who, hearing this same king of Persia styled the Great, presently asked, In what is he greater than I, if he be not juster than I am? Aristotle himself had exactly such notions in the like case; for, writing to Antipater about his scholar Alexander, he says of him, that he ought not to value himself in this respect, that he was advanced above others; for whoever had a true notion of God was really as great as he. And Zeno too deserves to be mentioned, who, hearing Theophrastus commended above any of the philosophers for his number of scholars, put it off thus: His choir is indeed larger than mine, but mine has the sweeter voices.

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-13

Et parce que les élèves ne s’imaginent pas seulement des difficultés assez grandes pour détourner leurs faibles résolutions, mais rencontrent aussi souvent chez leurs amis de sérieuses exhortations à abandonner leurs études, et parce qu’on leur lance parfois des plaisanteries et des railleries si mordantes qu’elles ont souvent découragé, et fréquemment détourné tout à fait, les efforts de certains, tu peux considérer comme un très bon signe de progrès de te trouver indifférent et insensible sur ce point. Il faut, par exemple, ne pas être blessé au cœur ni se lamenter lorsqu’on t’apprend que telles ou telles personnes, dont on donne les noms et qui furent jadis tes égales, vivent dans la splendeur à la cour, ont épousé de grandes fortunes, ou se sont montrées publiquement à la tête d’un grand nombre d’électeurs libres prêts à voter pour elles afin de leur procurer quelque haute charge ou un siège de représentant. Celui que de telles nouvelles ne déconcertent ni n’affectent beaucoup suit manifestement la bonne voie et tient la philosophie par une prise plus sûre. Il nous est en effet impossible de cesser d’admirer ce que la plupart des hommes estiment si l’habitude de la vertu n’est pas profondément enracinée en nous. Éviter avec passion ce que tout le monde condamne peut, chez certaines personnes, être l’effet de la colère et de l’ignorance ; mais mépriser entièrement ce que le monde admire est un signe assuré d’une sagesse et d’une résolution véritables et solides. Avec quelle satisfaction et quel contentement nombre de personnes parvenues à un tel degré de vertu se comparent aux autres et s’écrient dans ces vers de Solon :

Nous n’échangerons pas l’immortelle couronne de la Vertu
Contre une mine entière d’or.
L’or est incertain ; mais ce que nous possédons
Reste toujours à nous et ne peut jamais diminuer.

Nul ne peut nier qu’il y eût une grande noblesse chez Diogène lorsqu’il comparait ses déplacements de Corinthe à Athènes, et de Thèbes à Corinthe, aux voyages du roi de Perse, qui se rendait au printemps à Suse, en hiver à Babylone et en été en Médie. Ce ne fut pas la marque d’un esprit beaucoup moins élevé chez Agésilas lorsque, entendant appeler ce même roi de Perse le Grand, il demanda aussitôt : En quoi est-il plus grand que moi, s’il n’est pas plus juste que moi ? Aristote lui-même avait des idées exactement semblables dans un cas analogue ; écrivant à Antipater au sujet de son élève Alexandre, il dit que celui-ci ne devait pas s’estimer davantage parce qu’il avait été élevé au-dessus des autres, car quiconque possédait une conception véritable de Dieu était réellement aussi grand que lui. Zénon mérite aussi d’être mentionné : entendant louer Théophraste plus que tout autre philosophe en raison du nombre de ses élèves, il écarta la remarque en ces termes : Son chœur est certes plus nombreux que le mien, mais le mien a les voix les plus douces.

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