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Baruch Spinoza

Spinoza’s Correspondence: Spinoza-Authored Letters, English Manifestation Section section-0034

Section 34 of 114

Canonical reference section-0034

English

R. H. M. Elwes

Spinoza To Peter Balling.1
Beloved Friend, - Your last letter, written, if I mistake not, on the 26th of last month, has duly reached
me. It caused me no small sorrow and solicitude, though the feeling sensibly
diminished when I reflected on the good sense and fortitude, with which you have
known how to despise the evils of fortune, or rather of opinion, at a time when they
most bitterly assailed you. Yet my anxiety increases daily; I therefore beg and implore
you by the claims of our friendship, that you will rouse yourself to write me a long
letter. With regard to Omens, of which you make mention in telling me that, while
your child was still healthy and strong, you heard groans like those he uttered when he
was ill and shortly afterwards died, I should judge that these were not real groans, but
only the effect of your imagination; for you say that, when you got up and composed
yourself to listen, you did not hear them so clearly either as before or as afterwards,
when you had fallen asleep again. This, I think, shows that the groans were purely due
to the imagination, which, when it was unfettered and free, could imagine groans
more forcibly and vividly than when you sat up in order to listen in a particular
direction. I think I can both illustrate and confirm what I say by another occurrence,
which befell me at Rhijnsburg last winter. When one morning, after the day had
dawned, I woke up from a very unpleasant dream, the images, which had presented
themselves to me in sleep, remained before my eyes just as vividly as though the
things had been real, especially the image of a certain black and leprous Brazilian
whom I had never seen before. This image disappeared for the most part when, in
order to divert my thoughts, I cast my eyes on a book, or something else. But, as soon
as I lifted my eyes again without fixing my attention on any particular object, the
same image of this same negro appeared with the same vividness again and again,
until the head of it gradually vanished. I say that the same thing, which occurred with
regard to my inward sense of sight, occurred with your hearing; but as the causes were
very different, your case was an omen and mine was not. The matter may be clearly
grasped by means of what I am about to say. The effects of the imagination arise
either from bodily or mental causes. I will proceed to prove this, in order not to be too
long, solely from experience. We know that fevers and other bodily ailments are the
causes of delirium, and that persons of stubborn disposition imagine nothing but
quarrels, brawls, slaughterings, and the like. We also see that the imagination is to a
certain extent determined by the character of the disposition, for, as we know by
experience, it follows in the tracks of the understanding in every respect, and arranges
its images and words, just as the understanding arranges its demonstrations and
connects one with another; so that we are hardly at all able to say, what will not serve

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

Spinoza à Peter Balling.1
Ami bien-aimé,
Votre dernière lettre, écrite, si je ne me trompe, le 26 du mois dernier, m'est bien parvenue. Elle m'a causé beaucoup de chagrin et d'inquiétude, quoique ce sentiment ait sensiblement diminué lorsque j'ai réfléchi au bon sens et à la force d'âme avec lesquels vous avez su mépriser les maux de la fortune, ou plutôt de l'opinion, au moment où ils vous assaillaient le plus cruellement. Pourtant, mon inquiétude augmente chaque jour ; je vous prie et vous conjure donc, au nom des droits de notre amitié, de vous résoudre à m'écrire une longue lettre. Quant aux présages dont vous faites mention en me racontant que, tandis que votre enfant était encore sain et vigoureux, vous avez entendu des gémissements semblables à ceux qu'il poussa lorsqu'il fut malade et mourut peu après, je jugerais que ces gémissements n'étaient pas réels, mais seulement un effet de votre imagination ; car vous dites que, lorsque vous vous êtes levé et recueilli pour écouter, vous ne les avez pas entendus aussi clairement qu'auparavant ni qu'ensuite, lorsque vous vous êtes rendormi. Cela montre, je pense, que ces gémissements étaient purement dus à l'imagination qui, lorsqu'elle était sans entraves et libre, pouvait imaginer des gémissements avec plus de force et de vivacité que lorsque vous vous étiez redressé pour écouter dans une direction déterminée. Je crois pouvoir à la fois illustrer et confirmer ce que je dis par un autre événement qui m'est arrivé à Rhijnsburg l'hiver dernier. Un matin, après le lever du jour, lorsque je m'éveillai d'un rêve très désagréable, les images qui s'étaient présentées à moi durant mon sommeil demeurèrent devant mes yeux aussi vivement que si les choses avaient été réelles, surtout l'image d'un certain Brésilien noir et lépreux que je n'avais jamais vu auparavant. Cette image disparaissait en grande partie lorsque, pour détourner mes pensées, je jetais les yeux sur un livre ou sur quelque autre chose. Mais dès que je relevais les yeux sans fixer mon attention sur aucun objet particulier, la même image de ce même nègre réapparaissait avec la même vivacité, encore et encore, jusqu'à ce que sa tête disparût peu à peu. Je dis que la même chose qui s'est produite relativement à mon sens intérieur de la vue s'est produite relativement à votre ouïe ; mais comme les causes étaient très différentes, votre cas était un présage et le mien ne l'était pas. On peut clairement comprendre la question au moyen de ce que je vais dire. Les effets de l'imagination proviennent soit de causes corporelles, soit de causes mentales. Je vais le prouver, afin de ne pas être trop long, par la seule expérience. Nous savons que les fièvres et d'autres affections corporelles sont les causes du délire, et que les personnes d'un naturel opiniâtre n'imaginent que querelles, rixes, massacres et choses semblables. Nous voyons aussi que l'imagination est jusqu'à un certain point déterminée par le caractère du tempérament, car, comme l'expérience nous l'apprend, elle suit en tout les traces de l'entendement et ordonne ses images et ses mots comme l'entendement ordonne ses démonstrations et les relie les unes aux autres ; de sorte que nous sommes à peine capables de dire ce qui ne servira pas

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