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Baruch Spinoza

Spinoza’s Correspondence: Spinoza-Authored Letters, English Manifestation Section section-0093

Section 93 of 114

Canonical reference section-0093

English

R. H. M. Elwes

Further, when you say that if I deny, that the operations of seeing, hearing, attending,
wishing, &c., can be ascribed to God, or that they exist in Him in any eminent
fashion, you do not know what sort of God mine is; I suspect that you believe there is

no greater perfection than such as can be explained by the aforesaid attributes. I am
not astonished; for I believe that, if a triangle could speak, it would say, in like
manner, that God is eminently triangular, while a circle would say that the divine
nature is eminently circular. Thus each would ascribe to God its own attributes, would
assume itself to be like God, and look on everything else as ill-shaped.

The briefness of a letter and want of time do not allow me to enter into my opinion on
the divine nature, or the questions you have propounded. Besides, suggesting
difficulties is not the same as producing reasons. That we do many things in the world
from conjecture is true, but that our reflections are based on conjecture is false. In
practical life we are compelled to follow what is most probable; in speculative
thought we are compelled to follow truth. A man would perish of hunger and thirst, if
he refused to eat or drink, till he had obtained positive proof that food and drink
would be good for him. But in philosophic reflection this is not so. On the contrary,
we must take care not to admit as true anything, which is only probable. For when one
falsity has been let in, infinite others follow.

Again, we cannot infer that because sciences of things divine and human are full of
controversies and quarrels, therefore their whole subject-matter is uncertain; for there
have been many persons so enamoured of contradiction, as to turn into ridicule
geometrical axioms. Sextus Empiricus and other sceptics, whom you quote, declare,
that it is false to say that a whole is greater than its part, and pass similar judgments
on other axioms.

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

En outre, lorsque vous dites que si je nie que les opérations de voir, d’entendre, de prêter attention, de vouloir, etc., puissent être attribuées à Dieu, ou qu’elles existent en Lui de quelque manière éminente, vous ne savez pas quelle sorte de Dieu est le mien, je soupçonne que vous croyez qu’il n’existe aucune perfection supérieure à celles qui peuvent être expliquées par les attributs susdits. Je ne m’en étonne pas ; car je crois que, si un triangle pouvait parler, il dirait de même que Dieu est éminemment triangulaire, tandis qu’un cercle dirait que la nature divine est éminemment circulaire. Ainsi chacun attribuerait à Dieu ses propres attributs, se supposerait semblable à Dieu et regarderait tout le reste comme difforme.

La brièveté d’une lettre et le manque de temps ne me permettent pas d’exposer mon opinion sur la nature divine ni sur les questions que vous avez posées. En outre, soulever des difficultés n’est pas la même chose que produire des raisons. Il est vrai que nous faisons beaucoup de choses dans le monde d’après des conjectures ; mais il est faux que nos réflexions soient fondées sur des conjectures. Dans la vie pratique, nous sommes contraints de suivre ce qui est le plus probable ; dans la pensée spéculative, nous sommes contraints de suivre la vérité. Un homme périrait de faim et de soif s’il refusait de manger ou de boire jusqu’à ce qu’il eût obtenu la preuve certaine que la nourriture et la boisson lui feraient du bien. Mais il n’en va pas ainsi dans la réflexion philosophique. Au contraire, nous devons prendre garde de ne rien admettre comme vrai qui ne soit que probable. Car, une fois qu’une fausseté a été admise, une infinité d’autres s’ensuivent.

De même, nous ne pouvons inférer que, parce que les sciences des choses divines et humaines sont pleines de controverses et de querelles, toute leur matière est incertaine ; car beaucoup de personnes ont été si éprises de contradiction qu’elles ont tourné en ridicule les axiomes géométriques. Sextus Empiricus et les autres sceptiques que vous citez déclarent qu’il est faux de dire que le tout est plus grand que sa partie, et portent des jugements semblables sur d’autres axiomes.

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